Un peu aux Etats-Unis. Mais en aucun cas en Suisse, ni en Europe. En résumé, c’est la position exprimée mercredi par Credit Suisse au sujet de la nature de l’inflation, qui a fait son grand retour à l’occasion de la reprise post-covid.

Dans son «Moniteur» du troisième trimestre, la banque confirme ainsi sa thèse du début d’année, partagée ces derniers mois par une majorité d’économistes, mais qui continue toutefois de faire des sceptiques.

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Durable, ou issue du rattrapage? Tel est l’objet du débat autour de la hausse des prix, alimentée notamment par ceux de l’énergie et des matières premières. «Il est peu probable que la demande de biens reste aussi soutenue que depuis juin 2020», estiment les économistes de Credit Suisse. Selon eux, une partie de l’envolée s’explique par le remplacement de certains services (restaurants, hôtels, concerts, voyages). «Les ménages ont dépensé plus dans le mobilier, l’électronique grand public et les équipements de sport.»

Désormais, la levée des restrictions va provoquer une accélération de la consommation de services, et «l’effet de substitution s’atténuera. Ce réajustement devrait faire grimper les prix des services, tandis que ceux des biens devraient se normaliser», prévoit la grande banque.

Pas assez pour la BNS

En août, la hausse des prix s’est établie à + 0,9% sur un an en Suisse. La banque anticipe une inflation annuelle de + 0,5% pour l’ensemble de 2021, tout comme pour 2022. Un ralentissement, donc.

Néanmoins, concède Credit Suisse, «le risque d’inflation a effectivement augmenté, surtout aux Etats-Unis. Mais dans la zone euro, en Suisse et au Japon, l’inflation est peu susceptible de devenir un frein à la politique monétaire souple à brève échéance». Concernant la Banque nationale suisse (BNS), «ce risque n’a pas assez augmenté pour pouvoir espérer les relever avant longtemps et s’extirper de la politique de taux négatifs». Dans un horizon à douze mois, Credit Suisse estime que le taux de référence suisse restera inchangé, à -0,75%.

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