Après avoir atteint son plus haut niveau de ces douze dernières années en février (+8,7%), l'inflation avait diminué en mars (+8,3%). Elle vient pourtant de repartir à la hausse en avril (+8,5%). Même si l'inflation hors alimentation est limitée à 1,8%, ce chiffre représente une augmentation de près de 1% par rapport à il y a un an. La Chine commencerait donc à être affectée par l'augmentation mondiale des prix des matières premières.

«Les industriels ressentent bien ces hausses de prix», pressentait il y a quelques semaines Andy Rothman, stratège macroéconomique chez CLSA à Shanghai. «Surtout qu'en raison de la hausse des coûts et d'une application plus stricte de la législation sur la protection de l'environnement et de l'économie d'énergie, leurs coûts vont augmenter encore plus. A cause d'une surcapacité importante et d'une forte compétition, ils ne peuvent pour le moment pas les répercuter sur les tarifs de leurs produits. Les hausses à venir ne seront que très lentes.»

Faillites à prévoir

Pékin commence donc à avouer une véritable anxiété. «Les producteurs ont beaucoup emprunté pour investir dans de nouvelles infrastructures», assure l'analyste indépendant basé à Shanghai Andy Xie. «Or, s'ils ne parviennent pas à rentrer dans leurs frais, de nombreuses faillites sont à prévoir. La baisse des exportations est déjà un premier mauvais signal en ce sens.»

Dépenses alimentaires

La seconde crainte des autorités réside dans la réaction de sa population. Selon la Banque mondiale, «les foyers dépensent en moyenne plus du tiers de leur budget dans l'agroalimentaire». Les prix de l'agroalimentaire ont progressé de 22,1% par rapport à avril 2007.