Le spectre de la spirale inflationniste pointe son nez en Russie sur fond de tensions géopolitiques et de panne de la croissance. Si le retour de l’inflation est un souci global, la Russie fait partie des pays où le traumatisme de l’hyperinflation des années 1990 reste frais dans les mémoires et où le rouble est fréquemment dévalué.

Aujourd’hui, inflation rime avec sanctions et tensions. De nouvelles sanctions américaines imposées le 15 avril et le bruit des bottes russes aux frontières de l’Ukraine plombent encore davantage une économie toujours dépendante de la rente pétrolière et dont la croissance est en berne depuis 2013.

Poussées inflationnistes

Contenue à un rythme annuel entre 2 et 4% depuis cinq ans, l’inflation donne des signes d’emballement depuis décembre dernier (4,9% en rythme annuel), bousculée par l’envol des prix des denrées alimentaires de base. Principal fauteur de troubles: le sucre, dont les prix ont bondi de 70% en un an, suivi par l’huile de tournesol (+27%). Dans l’urgence, le gouvernement a plafonné dès décembre les prix de ces deux denrées et a imposé des restrictions sur les exportations de céréales. Du coup, plusieurs grands négociants internationaux actifs sur le marché russe, dont le Genevois Sierentz Global Merchants, ont plié bagage.