Les entreprises suisses restent sereines quelle que soit l’issue du vote sur l’initiative populaire sur les multinationales responsables prévue pour le 29 novembre. Selon un sondage mené le mois dernier par le bureau de conseil Deloitte auprès de 112 directeurs financiers d’entreprises, PME et grandes entités, près de la moitié d’entre eux estiment que l’initiative n’aura aucun impact concret sur leurs activités. Même si le oui l’emporte, quasiment aucune d’entre elles ne prévoit de vendre des secteurs d’activité ou le transfert de son siège à l’étranger. Près de la moitié de sondés reconnaissent avoir déjà mis en place des mesures, ou prévoient de les mettre en place, en cas d’acceptation de l’initiative.

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En effet, les résultats du sondage montrent que les entreprises suivent la campagne autour de l’initiative avec un grand intérêt. «Nous constatons que beaucoup d’entreprises perçoivent la légitimité des demandes des initiants et qu’une partie d’entre elles ont déjà mis en œuvre des mesures, commente Reto Savoia, directeur de Deloitte. Dans tous les cas, les entreprises doivent gérer leurs risques de manière plus active et améliorer leurs systèmes de contrôle.»

Réputation de l’entreprise

Selon Reto Savoia, les entreprises savent aujourd’hui que les investisseurs et les consommateurs ont de plus en plus d’influence sur leur fonctionnement. «La présence de discordance dans la chaîne logistique, par exemple, peut provoquer des dommages importants pour la réputation de l’entreprise», affirme-t-il.

Près de 40% de directeurs financiers sondés estiment tout de même que l’acceptation de l’initiative aurait des effets négatifs pour elles. Ils craignent de voir édicter de nouvelles directives auxquelles ils ne pourraient pas répondre. Plus de 25% d’entre eux reconnaissent qu’ils devraient renforcer la surveillance de leurs activités commerciales à l’étranger. Selon eux, des changements devront, en cas de oui à l’initiative, être apportés dans des domaines tels que la conformité à des règles internationales, les activités à l’étranger et les relations avec les fournisseurs.

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Mais par ailleurs, certains directeurs financiers voient même dans l’initiative des opportunités pour renforcer la valeur de leur entreprise. En cas de rejet, c’est le contre-projet du Conseil fédéral qui entrera automatiquement en vigueur. Dès lors, l’élaboration de plans sur la durabilité des entreprises sera dans tous les cas appelée à prendre de plus en plus d’importance.