C’est mi-amusé, mi-peiné que j’ai assisté il y a quelques jours aux interventions, sur des chaînes nationales, d’un financier genevois, champion de l’initiative «Entreprises responsables». L’intention globale est très généreuse et nul ne peut nier l’urgente nécessité de moraliser l’économie mondiale. L’étalage de ses bonnes intentions, pourtant, me fit penser qu’il essayait de s’acheter une bonne conscience.

Au-delà des impossibilités juridiques factuelles (extraterritorialité des faits, viol de souveraineté et conflits de droits, illicéité de l’inversion de la charge de la preuve et donc de la présomption d’innocence), le simple bon sens oblige à redouter que cette initiative soit concrètement contre-productive. Les raisons sont les suivantes: