Conférence

L’innovation des pays émergents rencontre la finance genevoise

Le Social Good Summit permet à des entrepreneurs d’exposer leurs solutions pour atteindre les objectifs de développement durable de l’ONU. Et peut-être de trouver des financements

La troisième édition du Social Good Summit s’est tenue ce mardi à Genève, en marge du World Investment Forum organisé jusqu’au 26 octobre au Palais des nations. Organisé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Social Good Summit vise à rapprocher le monde financier et des entreprises innovantes basées dans les pays émergents. Devant un public de plus de 200 personnes, une vingtaine de start-up ont ainsi présenté leurs initiatives permettant d’atteindre les 17 objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU.

Des chatbots pour améliorer l'enseignement

Parmi ces «elevator pitches» d’une quinzaine de minutes, celui de la start-up brésilienne MGov a montré comment l’intelligence artificielle peut améliorer la qualité de l’enseignement (ODD numéro 4) à moindre coût. «Notre plateforme envoie des messages interactifs aux enseignants, élèves ou parents pour qu’ils adoptent de meilleures habitudes en matière d’enseignement», résume le fondateur de la start-up, Guilherme Lichand.

Son approche repose sur les chatbots, ces logiciels capables de mener une conversation, qui envoient des suggestions d’actions, sur le modèle des «nudges», ces petites influences quotidiennes théorisées par le Prix Nobel d’économie 2017, Richard Thaler. Au tarif de 2 dollars par mois et par enseignant, MGov a généré 700 000 dollars de revenus l’an dernier, et souhaite lever des fonds pour étendre sa clientèle.

Construire un logement sain en 6 jours

C’est depuis l’Ukraine que l’entrepreneur français Raphaël Petit veut déployer ses «armes de construction massive». Des murs préfabriqués à base de bois, paille et argile permettant de construire un logement sain en 6 jours, «sans émission de CO2, sans déchet, pratiquement sans énergie», pour un coût inférieur de 30% aux normes.

Son projet, Rainbow Ecosystem, se heurte aux réglementations existantes, qui érigent des barrières à l’arrivée de nouveaux acteurs, dénonce Raphaël Petit, qui avoue se sentir «un peu comme Robin des Bois: je prends aux riches pour donner aux pauvres – ce qui explique que je sois venu à Genève».

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