VAUD

L’innovation soutient l’économie vaudoise

Le produit intérieur brut a progressé de 0,9% en 2015. En revanche, les exportations ont baissé de 2,6%. L’année 2016 devrait être plus difficile. La réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) ne devrait porter ses fruits qu’à partir de 2018-2019

«L’économie vaudoise a su résister au-delà des craintes que j’avais par rapport à 2015», a constaté, lundi devant la presse, le conseiller d’Etat Philippe Leuba, chef du Département vaudois de l’économie et du sport (DECS). Malgré la situation internationale et la cherté du franc suisse, le produit intérieur brut vaudois est parvenu à maintenir une faible croissance en 2015. Si les exportations ont baissé de 2,6% l’année passée – une première depuis 2009 –, le PIB a connu une légère progression de 0,9% et le taux de chômage moyen est resté stable à 5%, contre 4,9% en 2014. Enfin, les nuitées hôtelières ont progressé de 0,7% grâce notamment au tourisme d’affaires. «La faculté d’adaptation des entreprises, la diversification économique et la promotion de l’innovation ont porté leurs fruits, a souligné Philippe Leuba. Il reste toutefois des difficultés sectorielles réelles.»

Philippe Leuba explique la bonne résistance de l’économie vaudoise en partie grâce à la force d’innovation du canton. Le nombre de start-up y est en augmentation constante depuis une dizaine d’années. «50% des start-up les plus prometteuses du pays se trouvent dans le canton. Les plus importantes d’entre elles comptaient une moyenne de 60 collaborateurs en 2015», a-t-il mentionné. Quant à celles qui quittent la Suisse, faute d’y avoir trouvé du financement, Philippe Leuba a commenté: «Il ne s’agit pas de voir le verre à moitié vide, mais à moitié plein. Il y a beaucoup de start-up qui restent dans le canton, ou du moins qui y conservent une partie de leurs activités. On ne peut pas figer toutes ces structures chez nous.»

En 2015, 33 sociétés étrangères se sont installées dans le canton de Vaud contre 36 en 2014, a indiqué Jean-Frédéric Berthoud, directeur du Développement économique. Elles viennent essentiellement de France et des Etats-Unis et ont créé 129 emplois contre 92 l’année précédente. En outre, elles sont essentiellement actives dans les technologies de l’information et les conseils en technologie. «Nous sommes loin de la situation de 2006 où nous attirions des quartiers généraux qui permettaient de générer beaucoup d’emplois. Aujourd’hui nous faisons venir des sociétés qui n’évoquent pas la fiscalité mais qui viennent pour l’environnement scientifique, la main-d’œuvre qualifiée, le cadre de vie ou l’accès au marché», observe Jean-Frédéric Berthoud.

Parallèlement, le Service de la promotion économique et du commerce (SPECo) a accordé 5 millions d’aides directes à 228 PME, représentant 3425 emplois, a détaillé Raphaël Conz, responsable Unité Entreprise. Quant aux organismes d’aide cantonaux, ils ont soutenu «indirectement» 518 entreprises vaudoises, à hauteur de 4,4 millions.

Parmi les appuis au développement économique, Philippe Leuba a notamment annoncé la création de Think Sport, une plateforme dédiée au sport mettant en réseau de nombreux partenaires dans les domaines de la santé, de l’économie et des services. En parallèle, le Conseil d’Etat a poursuivi en 2015 sa politique de soutien aux entreprises industrielles. Opérationnel depuis février 2016, le fonds de soutien à l’industrie permet l’accès à des cautionnements de crédits bancaires, des prêts avec intérêt et des aides à fonds perdus pour des entreprises industrielles. Des sociétés comme Trimos à Renens, Del West à Roche ou Valtronic Technologies à la Vallée de Joux ont en bénéficié.

Philippe Leuba ne cache pas que l’année 2016 risque d’être plus difficile que 2015 même si le Conseil d’Etat continuera à renforcer l’innovation, à soutenir le secteur industriel et à renforcer les conditions-cadres. «La réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) ne devrait porter ses fruits qu’à partir de 2018-2019», a-t-il relevé.

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