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Lino Guzzella, président de l’EPFZ, estime que Google augmente l’attractivité de Zurich pour les autres entreprises technologiques et pour la recherche.
© Keystone

Innovation

Lino Guzzella, président de l’EPFZ: «La présence de Google à Zurich crée une spirale positive»

Google inaugure un nouveau bâtiment ce mardi à Zurich. Le président de l’Ecole Polytechnique fédérale de Zurich, Lino Guzzella, explique en quoi cette présence est utile à la ville

Au total, ils seront 2000. Il y a 13 ans, ils étaient deux. La présence à Zurich de Google prend de l’ampleur dès ce mardi 17 janvier, avec l’ouverture d’un nouveau bâtiment. Président de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich depuis début 2015, Lino Guzzella, lui-même issu de l’ingénierie, explique en quoi le géant de la Toile joue un rôle dans le maillage technologique de la cité.

Le Temps: Google s’étend à Zurich. En quoi cela est-il utile à l’EPFZ?

Lino Guzzella: Pour trois raisons. La première est un peu triviale: le centre de recherche de Google est un excellent débouché pour nos étudiants. Mais ceux-ci trouvent de toute façon du travail partout. Deuxièmement, cela nous permet de lancer des projets de recherche en commun. Enfin, le fait que Google opère son troisième centre de recherche, le premier hors des Etats-Unis, a un effet positif pour la réputation de Zurich en tant que place d’innovation. Beaucoup de chercheurs veulent venir travailler chez nous aussi pour avoir des contacts avec Google. Cela crée une spirale positive. Google à Zurich est important, mais il ne faut pas oublier les autres: IBM, Oracle, Microsoft, Facebook, etc. sont aussi à Zurich.

– Vous mentionnez Facebook, qui n’est pas très disert sur ces activités zurichoises. Peut-on vraiment comparer son impact à celui de Google, IBM ou Microsoft?

– C’est vrai, mais c’est intéressant: ils ont racheté une start-up, Zurich Eye. On peut espérer qu’il se passera la même chose qu’avec Google et que, dans quelques années, Facebook soit aussi bien implanté à Zurich que Google. Tout avait d’ailleurs commencé de la même manière avec Google en 2004, avec seulement quelques employés dans un bureau au Limmatquai.

– Que faut-il pour que Zurich devienne la capitale européenne de la technologie?

– Zurich est déjà un centre technologique en Europe!

– Pourtant, Dublin, Londres ou Berlin sont aussi très actives…

– Le seul problème de Zurich, peut-être, est lié aux start-up. La qualité de vie est bonne, mais elle a un prix. Il est difficile de trouver des espaces de travail bon marché, c’est pourquoi nous avons créé le parc de l’innovation. Il faut aussi veiller à ce que la Suisse reste ouverte, car 70% de nos professeurs et deux tiers de nos doctorants viennent de l’étranger, c’est important. Nous sommes d’ailleurs très contents qu’une solution ait pu être trouvée pour rester dans le programme de recherche Horizon 2020 avec l’Europe.

– On parle beaucoup d’entreprises américaines, mais des géants de la technologie se développent aussi en Asie et sont relativement peu présents en Europe…

– Oui, nous parlons beaucoup avec la Chine. Le président chinois est d’ailleurs en visite en Suisse ces jours. Huawei ou d’autres sont des sociétés avec lesquelles il peut y avoir un intérêt à collaborer. Tout comme avec la Corée du Sud et Samsung. Ce sont des marchés auxquels nous devons nous intéresser.

– Vous avez organisé samedi une conférence sur le futur du travail. La numérisation de l’économie risque de détruire des emplois, quel est le rôle de l’EPFZ dans cette transformation?

– Il existe deux dimensions. La première est de préparer les étudiants à ce futur fascinant mais qui pose un certain nombre de défis. De ce côté-là, je suis confiant. Nous sommes numéro un dans le monde dans la recherche informatique, nous sommes bien préparés.

– Et la deuxième dimension?

– Elle concerne plus généralement la société: comment l’EPFZ peut aider à trouver des solutions aux défis qui vont se poser? Car il y en aura: des emplois vont disparaître avec les progrès technologiques, comme cela a toujours été le cas dans l’histoire de l’humanité. Une partie de la réponse se trouve évidemment dans la formation des jeunes, mais aussi dans la formation continue. Nous n’avons pas encore de réponse complète, nous devons encore travailler. Cela implique de discuter avec la politique, les entreprises, la société pour trouver des solutions à grande échelle, pas seulement pour l’élite, mais pour la société dans son ensemble. Nous devons veiller à ce que le fossé ne s’élargisse pas entre les gagnants et les perdants de la numérisation. A ce titre, les initiatives comme digitalswitzerland sont très utiles, parce qu’elles réunissent beaucoup d’acteurs d’horizons différents et permettent de s’adresser à un public plus large que les universités ou la recherche.


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