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L’Institut Le Rosey ne connaît pas la crise

Malgré la cherté du franc suisse, le luxueux internat enregistre une légère progression de son chiffre d’affaires. Son deuxième campus à Gstaad génère des revenus importants dans l’Oberland bernois

L’Institut Le Rosey, c’est un pensionnat mais aussi une PME à succès. Le luxueux internat ne connaît pas la crise. Malgré la cherté du franc suisse et un coût d’écolage qui se monte à environ 100 000 francs, il ne désemplit pas.

L’Institut Le Rosey, c’est aussi un parc de 28 hectares où des arbres bicentenaires se déploient autour de maisons coquettes, de piscines et de terrains de sport. D’élégants jets d’eau jouxtent le futuriste Paul & Henri Carnal Hall, une salle de concert classique a été conçue par l’architecte Bernard Tschumi. A Rolle (VD), on l’appelle la «soucoupe volante». Ses allures d’OVNI enferment en son cœur une salle boisée de 900 places.

Ce bâtiment qui a coûté 50 millions de francs a permis non seulement d’offrir un nouveau lieu de vie, d’écoute, de distraction et d’apprentissage aux étudiants du Rosey mais a également ouvert l’institut à la population environnante, cassant l’image de campus fermé réservé à l’élite. Des concerts et des pièces de théâtre y sont régulièrement organisés.

Environ 400 résidents

Le nombre d’élèves est en légère progression et le nombre de candidatures a doublé au cours des dix dernières années. Actuellement, plus de 400 résidents de 8 à 18 ans, y sont inscrits. Le chiffre d’affaires est ainsi en en légère hausse. Quant au bénéfice de la PME, 95% de celui-ci est réinvesti dans l’institut.

Le campus attire les futures têtes couronnées, des héritiers d’empires industriels ou des enfants de célébrités. Le shah d’Iran, le prince Rainier II de Monaco ou le roi Juan Carlos d’Espagne y ont étudié. Mais il ne faut pas compter sur Christophe Gudin, le directeur des lieux, âgé de 30 ans, pour dévoiler le nom d’un seul résident. En revanche, il est plus volubile lorsqu’il s’agit d’évoquer un principe auquel il est attaché: une nationalité n’est jamais représentée à plus de 10%.

«Ce principe permet de mieux construire une communauté diverse mais sans dominante culturelle qui pourrait écraser les autres. Les élèves proviennent ainsi de 66 pays différents», explique Christophe Gudin. Ce représentant de la cinquième génération dirige l’Institut Le Rosey depuis une année alors que ses parents, Anne et Philippe Gudin, sont propriétaires des lieux historiques. «Nous recevons 400 candidatures chaque année pour 80 à 90 places. Parmi nos critères de sélectionfigure la recherche d’élèves curieux», note Christophe Gudin.

Innover pour faire face à la concurrence

Malgré ses lettres de noblesse, l’Institut doit constamment innover pour faire face à la concurrence des grands instituts anglais, de l’Aiglon à Villars ou du Lyceum Alpinum à Zuoz dans les Grisons. A cet effet, Christophe Gudin, ouvert à l’innovation en matière de pédagogie, prévoit d’ouvrir prochainement un nouveau bâtiment dédié aux sciences et à l’entrepreneuriat.

Le cursus entièrement bilingue est couronné, à choix, d’un bac international ou d’un bac français. «Les meilleurs étudiants – environ 30% d’entre eux – poursuivent généralement leurs études dans les vingt meilleures universités du monde», précise le directeur, très strict en matière de discipline. Chaque année, au moins un élève est expulsé pour une faute inexcusable qui peut être le vol, une sortie nocturne ou la consommation de stupéfiants. «Toutes les drogues sont interdites. Nous réalisons des dépistages régulièrement», précise-t-il.

«On ne quitte jamais complètement Le Rosey»

Fondé en 1880 par Paul Carnal, l’Institut Le Rosey est considéré comme la plus ancienne école privée suisse à vocation internationale. Les étudiants et les enseignants cohabitent sur le campus qui compte un ratio prof-élève de plus de 1 pour 4. Filles et garçons sont logés dans des bâtiments séparés. Durant les mois d’hiver, pour échapper au brouillard et se familiariser avec les sports d’hiver, le campus et tous ses occupants déménagent à Gstaad. Et ce deuxième campus génère des revenus importants dans l’Oberland bernois. L’Office du tourisme local a en effet calculé que plus que 50% des vacanciers auraient un lien avec Le Rosey. Les parents y séjournent régulièrement pour rendre visite à leurs enfants. Et de nombreux anciens élèves reviendraient à Gstaad et y achèteraient un chalet.

L’Institut Le Rosey, c’est aussi une grande communauté d’ex-roséens qui se tiennent les coudes. «Ils s’entraident. L’association des anciens élèves compte 5000 membres. Chaque année, à l’occasion d’un week-end à Gstaad, environ 1200 d’entre eux répondent à l’appel. On ne quitte jamais complètement Le Rosey», estime Christophe Gudin.


Les PME familiales à l’honneur

Le concours organisé par le Swiss Venture Club récompense une PME familiale qui s’inscrit dans la pérennité. Après une sélection de plus d’une année et la visite de six entreprises, le jury – composé d’une quinzaine de personnalités de l’économie romande –, auquel participe «Le Temps», a établi un classement qui sera révélé le mercredi 9 novembre au SwissTech Convention Center. D’ici là, chaque lundi, une de ces six entreprises finalistes sera présentée dans «Le Temps».

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