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Urs Hölzle à Zurich, le 17 janvier 2017. Le Suisse, aujourd’hui responsable des infrastructures du groupe, fut l’un des premiers employés de Google.
© Keystone

Technologie

L’intelligence artificielle de Google s’étend via le «machine learning»

Urs Hölzle, le Suisse responsable des infrastructures de Google, a expliqué comment la multinationale étendait à tous les domaines son «machine learning». Le World Web Forum, qui se tient à Zurich, a aussi été l’occasion pour Tim Berners-Lee, l’un des inventeurs du Web, de faire entendre sa voix critique

Google est déjà capable de chercher et de trouver, dans son téléphone, des photos d’un «couple s’embrassant» ou d’un «chien sur une plage». Il peut obéir à des commandes vocales. Et il analyse tous les e-mails entrants pour suggérer des réponses. Ces progrès, Google les doit au «machine learning», c’est-à-dire à l’apprentissage progressif, par des algorithmes, de commandes humaines. Mardi, lors de la première journée du World Web Forum de Zurich, le Suisse Urs Hölzle, responsable des infrastructures de Google, a détaillé les progrès et les ambitions de la multinationale dans ce domaine. La manifestation, dont Ringier, éditeur du «Temps» aux côtés d’Axel Springer, est partenaire, a aussi été l’occasion pour Tim Berners-Lee, l’un des inventeurs du Web, de faire entendre sa voix critique.

Lire aussi: Google fait de Zurich son centre pour la recherche sur l’intelligence artificielle

«En 1999, se souvient Urs Hölzle, nous n’étions capables que d’afficher une liste de liens lors d’une recherche, sans image, sans carte, sans météo ni itinéraire… Maintenant nous sommes capables de répondre à des questions. Nous sommes allés plus loin que ce que nous pensions. Mais nous n’avons touché que la pointe de l’iceberg.»

«Nous progressons vite»

L’ingénieur, qui est pour beaucoup dans l’implantation de Google en Suisse – la multinationale pourrait à terme y compter 5000 employés, contre 2000 actuellement – affirme que «des investissements massifs sont désormais effectués dans le «machine learning». «Ces douze derniers mois, poursuit-il, des progrès importants ont été effectués: mais nous voulons aller plus loin: vous devriez être capable, sur le chemin du retour à votre domicile, de commander de la voix un plat indien à livrer chez vous. Cela parait simple, or cela demeure très compliqué. Mais nous progressons vite.»

Lire aussi: Google vise les 5000 employés en Suisse

Google veut aussi rendre ses services disponibles aux entreprises. Urs Hölzle a ainsi mentionné Givaudan, Tamedia, LafargeHolcim, Roche et Ringier comme clients de ses solutions professionnelles. «Le machine learning pourra vous permettre, si vous n’y connaissez rien en tabulateur («spreadsheet»), de demander simplement à votre document: «Combien ai-je vendu d’exemplaires de tel article en promotion vendredi passé?» affirme l’ingénieur.

Pour les entreprises

Google commence à gagner de l’argent avec ses solutions de «machine learning», en permettant à des entreprises de louer des capacités de calculs et d’intelligence artificielle. Ces entreprises confient leurs données à la multinationale, qui les traite et leur permet ensuite d’obtenir des réponses. «Nous ne sommes qu’au début de ce processus et encore très peu d’entreprises font appel à de tels services. Le potentiel est énorme», affirme Urs Hölzle. Et c’est justement à Zurich que ces services sont en partie développés. L’assistant personnel de Google, qui fait appel aux mêmes technologies, est également conçu en Suisse.

Tim Berners-Lee critique

L’après-midi, ce fut au tour de Tim Berners-Lee, l’un des inventeurs du Web à Genève, de monter sur scène. Pour évoquer les débuts du réseau mondial. Mais aussi pour regretter son évolution. «Au début, Internet avait été conçu pour connecter tout le monde au même niveau, pour créer un réseau décentralisé. Mais il a bien changé». Et Tim Berners-Lee de donner des exemples: «Aujourd’hui, tout le monde est sur Facebook. Il n’y a plus de créativité: vous pressez les boutons que Facebook met à votre disposition. Il y a des silos, et ils se multiplient: Facebook pour les amis, LinkedIn pour les relations professionnelles, Flickr pour les photos… La liberté et la créativité sur le Web ont régressé.»

Ce n’est pas la première fois que l’inventeur du Web porte un regard critique sur son évolution. L’été dernier, il avait lancé, à San Francisco, le «Decentralized Web Summit». Brewster Kahle, fondateur d’Internet Archive, Mitchell Baker, présidente de la Mozilla Foundation ou encore Vint Cerf, «chief evangelist» chez Google, y avaient notamment participé.


L’initiative Digitalswitzerland progresse

Le projet DigitalSwitzerland a franchi mardi une nouvelle étape à Zurich, lors du premier jour du World Web Forum. Marc Walder, directeur de Ringier (éditeur du «Temps» aux côtés d’Axel Springer) a remis à Johann Schneider-Ammann, conseiller fédéral en charge de l’économie, un «Manifeste numérique». Le document de vingt pages appelle les pouvoirs politiques tout mettre en œuvre pour que la Suisse demeure compétitive dans le domaine numérique. La numérisation irradie tous les secteurs de l’économie et la Suisse ne saurait être en retard dans cette quatrième révolution industrielle.

Développer la formation, créer une régulation souple et adaptée, permettre à des infrastructures de qualité de se développer, voici une partie des éléments figurant dans ce «Manifeste numérique». Johann Schneider-Ammann s’est montré réceptif à ce document, affirmant que «le Conseil fédéral est derrière vous et œuvrera dans votre sens». Derrière DigitalSwitzerland se trouvent notamment Google, Coop, Ringier, Migros, UBS, Swisscom ou encore ABB et Credit Suisse. «La Suisse est très bien positionnée dans les classements internationaux analysant l’innovation. Il faut que nous demeurions à la pointe», a insisté Marc Walder.

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