Guy Dubois vient de reprendre les rênes du géant du catering et des services à bord, avec un chiffre d'affaires de 3 milliards de francs suisses et quelque 20000 collaborateurs dans le monde. Interview-portrait de ce Belge de 49 ans, qui passe 70% de son temps à l'étranger, et pour qui «voyager, c'est rester en tout temps présent dans l'entreprise». Car Gategroup est le modèle même de l'entreprise globale: il est présent dans une trentaine de pays sur les six continents.

Le Temps: Etes-vous pour la concentration ou la diversification des activités?

Guy Dubois: Pour leur concentration. Nous nous cantonnons aux activités liées au passager qui voyage. C'est notre fil conducteur. C'est un environnement que nous connaissons bien. Du coup, nous prenons moins de risques.

- Comment favoriserez-vous l'innovation?

- Nous aurons, par exemple, des ateliers pour l'innovation culinaire. Ou dans le secteur de l'équipement, où nous essayons toujours de trouver du matériel plus léger et moins polluant, avec un prix de revient acceptable.

- Une erreur de management à éviter?

- La complaisance. J'en ai plus peur que d'une erreur de jugement. Il ne faut pas se reposer sur ses lauriers. Car on court alors un risque de réputation. Notre activité est très complexe et exige beaucoup de vigilance.

- Trop ou pas assez d'information?

Jamais assez. Car l'information, c'est la connaissance. Malheureusement, la qualité n'est pas toujours au rendez-vous. Le cerveau doit en permanence fixer des priorités et sélectionner.

- Le bon manager est-il empathique ou autoritaire?

- Il est les deux. Un bon CEO est un team player. Il écoute, il coache, il motive. Mais c'est aussi lui qui prend les décisions stratégiques et qui fixe les priorités. Il doit alors se faire obéir. Il faut trouver un équilibre entre les deux attitudes.

- Communiquer: en face-à-face ou par e-mail?

- Un face-à-face, c'est toujours mieux. Surtout pour les relations interpersonnelles. Il y a le langage du corps, l'intonation de la voix, qui enrichissent la conversation. Quand je peux, je préfère voir mes interlocuteurs. En revanche, lorsque je m'adresse à la collectivité, j'envoie un e-mail que je fais traduire en plusieurs langues. Au moins, je suis sûr que tout le monde reçoit la même information.

- Votre recette antistress?

- Quand je suis à la maison, je bois une bonne bouteille avec ma femme et nous prenons le temps de discuter. C'est tout simple. Mais de manière générale, je ne connais pas le stress. Je suis un homme calme et je me détends très facilement.