Un corpus de recherche de plus en plus étayé suggère que les investisseurs sont concernés. L’égalité entre les sexes offre des avantages concrets en termes d’impact sociétal, et il est indéniable qu’elle peut également améliorer la performance financière.

L’intérêt de l’investissement d’impact réside dans sa capacité à concilier à la fois allocation du capital à un objectif sociétal ou environnemental, et performance financière. La dernière étude de la fondation EUROSIF, le forum pour l’investissement durable et responsable en Europe, révèle que l’investissement durable s’est généralisé et que l’investissement d’impact est le segment qui a connu la plus forte croissance avec une progression de 385% (de 20 à 98 milliards d’euros) depuis 2013.

L’égalité des sexes est un objectif des Nations unies

L’égalité des sexes, investissement d’impact par excellence, figure parmi les principaux objectifs de développement durable des Nations unies. L’objectif est d’assurer la participation pleine et entière des femmes et l’égalité des chances pour les rôles de direction à tous les niveaux de décision de la vie politique, économique et publique. Il s’agit d’un paramètre particulièrement intéressant pour les investisseurs puisqu’il existe un lien logique, et une corrélation de plus en plus établie, entre égalité des sexes et surperformance des entreprises. En effet, l’égalité et la diversité des sexes participent à cette performance en retenant les talents, améliorant la productivité et augmentant les opportunités sur le marché. En outre, c’est également un indicateur fiable de la qualité de la gouvernance d’entreprise. Le simple fait d’intégrer des critères d’égalité des sexes dans les décisions d’investissement peut permettre de détecter les entreprises les mieux gérées du marché.

Un facteur positif pour la performance

La thèse selon laquelle l’égalité des sexes se traduit par une surperformance est corroborée par un corpus de recherche universitaire de plus en plus étayé. De son côté, RobecoSAM fonde son analyse sur les données recueillies lors de son rapport annuel de durabilité des entreprises, qui constitue la colonne vertébrale du Dow Jones Sustainability Index. Pour l’évaluation des entreprises, un «score de genre» a été développé. Il offre une perception bien plus approfondie que la simple composition du conseil d’administration. Les domaines examinés comprennent notamment la présence des femmes à tous les niveaux hiérarchiques, la parité salariale et les mesures prises pour favoriser la satisfaction des salariés et l’équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée (par exemple la possibilité de moduler leurs horaires de travail ou de travailler à mi-temps, et des solutions de garde pour les enfants et les personnes âgées). Il est clair que ces questions (la prise en charge des enfants ou des personnes âgées) ont une influence démesurée sur la capacité des femmes à se maintenir dans la population active. Cette évaluation est menée en collaboration avec la Fondation EDGE, qui promeut l’égalité des sexes dans le monde de l’entreprise.

Promouvoir le changement au sein de la société

En pratique Unilever compte parmi les groupes les plus performants sur le plan de l’égalité des sexes au sein du secteur des biens de consommation de base. Il favorise un processus de reporting transparent, une proportion optimisée de femmes au conseil d’administration, une conservation élevée des talents féminins au sein de la structure hiérarchique et la parité salariale en moyenne pour les hommes et les femmes sur les postes de cadres. DSM est un autre exemple: il s’agit d’un des leaders du secteur des matériaux, qui affiche une transparence tout aussi importante, une diversité et parité salariale, en plus d’une politique exhaustive en matière de bien-être du personnel.

L’égalité des sexes est un exemple concret d’investissement permettant aux investisseurs d’utiliser leurs capitaux pour promouvoir le changement au sein de la société. Etant prouvé que l’investissement d’impact est annonciateur d’évolution sociale positive et, qu’il ne compromet pas les bénéfices, il n’existe aucune excuse pour ne pas y investir son capital. Les rapports de l’US SIF et d’EUROSIF montrent que les investisseurs admettent cet état de fait.