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Gestion de fortune

L’investissement durable devient de plus en plus important

L’importance de l’investissement durable ne cesse d’augmenter. Mais le débat autour de sa valeur ajoutée est loin d’être clos. Tandis que les adeptes d’une stratégie de placement durable mettent l’accent sur le surcroît de rendement qu’apportent de tels investissements, leurs détracteurs soutiennent exactement le contraire

Une méta-étude réalisée par la Stockholm School of Economics est arrivée à la conclusion que les données disponibles ne permettaient pas de répondre clairement à la question. Une analyse comparant les écarts de rendement actuels de différents ETF d’investissements socialement responsables (ISR) avec les indices de base correspondants tire toutefois des conclusions bien plus claires à cet égard.

L’approche d’investissement ISR a fortement évolué au fil du temps. Alors qu’à ses débuts, certains types d’actifs en étaient strictement exclus, aujourd’hui, le processus de sélection ISR se fonde sur des modèles d’évaluation à plusieurs niveaux.

L’orientation fondamentale de portefeuilles incluant des ISR n’en est pas moins restée la même pour l’essentiel: prendre en compte des (titres de) sociétés qui se distinguent par leur action durable et responsable, notamment sur le plan social. Le choix des placements s’opère à l’aide de critères dits ESG (environnement, social et gouvernance), déterminants pour la décision d’investissement (intégration et pondération). 

Les critiques objectent qu’une telle sélection comporte deux désavantages non négligeables: premièrement, la concentration des opportunités de placement et ainsi des possibilités de diversification aboutit à un rendement potentiellement inférieur et, deuxièmement, la procédure de sélection ESG, compliquée et donc onéreuse, occasionne des coûts plus élevés, ce qui à nouveau pèse sur le rendement. 

La méta-étude de la Stockholm School of Economics (A Review of Scholarly Studies Published 2008-2010) compilant les résultats des 21 études scientifiques les plus récentes sur le rendement des portefeuilles ISR en conclut même que les investissements ISR dégagent un rendement légèrement supérieur à celui de placements traditionnels similaires.

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Guère de coûts supplémentaires avec des ETF basés sur les ISR

De nos jours, il n’y a rien de plus simple que d’investir en mettant l’accent sur les ISR, en particulier directement dans des ETF. Gérés passivement en suivant un indice ISR, ces ETF se différencient des fonds de placement ISR traditionnels, puisque les indices ISR du MSCI englobent, par exemple, des actifs qui présentent des valeurs ESG élevées, rapportées à leur pondération relative dans le secteur respectif.

Voilà qui répond au principe du «best in class» et garantit que la répartition sectorielle ne comporte pas des distorsions trop importantes. On peut considérer cela comme une réaction à la critique évoquée plus haut, relative au manque de diversification. Ce constat montre que ces objections ont été prises au sérieux.

Les montants investis dans des ETF ISR ont par conséquent fortement augmenté et, au bout de quelques années seulement, se chiffrent désormais à plus de 1,3 milliard de francs suisses (la majorité des ETF ISR européens ayant été lancés en 2011, cf. graphique 1).

Une des raisons de l’engouement pour les ETF ISR pourrait être que l’argument des coûts souvent invoqué n’a guère d’impact pour ce type de véhicule de placement. En effet, en moyenne, le total des frais sur encours des ETF ISR s’élève à environ 0,5% par an, au détriment du rendement brut (cf. graphique 2).

Les investissements ISR, de meilleurs placements?

 En raison de la critique portant sur les coûts plus élevés occasionnés par la procédure de sélection ISR, ces investissements sont régulièrement considérés comme moins rentables que les placements traditionnels. Une comparaison des rendements absolus et ajustés du risque des investissements traditionnels et des placements axés sur l’ISR permet de répondre à cette objection.

Les résultats montrent que les investisseurs en ETF IRS obtiennent en permanence un rendement légèrement supérieur à celui des ETF traditionnels. Et cela non seulement sur une base absolue, mais aussi lorsque les rendements sont ajustés au risque (ratio de Sharpe).

Les résultats de la comparaison ne permettent pas de tirer de conclusions générales, étant donné leur dispersion relativement importante, due à des périodes et à des orientations géographiques différentes. Ils indiquent cependant que mettre l’accent sur des entreprises qui, par rapport à leurs concurrentes, promeuvent une gestion particulièrement sociale et/ou écologique, est récompensé par un surcroît de rendement (même s’il est relativement modeste) dans toutes les régions de placement.

Un résultat qui ne manque pas d’étonner, dans la mesure où il réfute l’argument des coûts supplémentaires invoqué par les détracteurs de l’ISR et ce, pour tous les univers de placement considérés (cf. graphique 3). L’investissement durable, à condition d’être mis en œuvre de façon systématique et en limitant les coûts, n’a donc pas à craindre ces objections. La hausse des volumes de placements montre que les investisseurs commencent également à prendre en compte ces conclusions.

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