Environnement

L’investissement durable explose

Longtemps considéré comme une niche, l’investissement durable appartient maintenant au courant dominant. Il atteint 22 800 milliards de dollars dans le monde, soit un dollar sur quatre gérés par des professionnels, selon une étude de Morgan Stanley

La finance durable est un marché en forte progression. Le taux de croissance annuel s’élève à 11,9% dans le monde et cette hausse n’est pas terminée, selon une étude de Morgan Stanley publiée mardi. La majorité des acteurs institutionnels, qu’ils soient caisses de pension, fondations, assureurs ou fonds souverains, investissent maintenant dans ce domaine longtemps considéré comme une niche.

Au plan mondial, 22 800 milliards de dollars sont investis dans le durable, indique Morgan Stanley sur la base d’un sondage auprès de 118 institutionnels ayant au moins 10 milliards de dollars d’actifs sous gestion. Cela signifie qu’un dollar sur quatre gérés par les investisseurs professionnels est investi dans le durable, c’est-à-dire selon les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).

L’Europe devant les Etats-Unis

Les principaux acteurs de la finance durable sont l’Europe (12 000 milliards) et les Etats-Unis (8800 milliards). En termes de priorité thématique, selon le sondage, le changement climatique arrive en tête, devant la croissance inclusive et la diversité des genres. Le mouvement est assez récent: 60% des institutionnels interrogés ont commencé à investir dans le durable ces quatre dernières années, 37% durant les deux dernières et 12% depuis un an. Aujourd’hui, l’investissement durable appartient au «mainstream», c’est-à-dire au courant dominant, estime l’étude.

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L’écart entre la volonté d’investir durablement et la mise en œuvre laisse une marge de progression considérable, selon Morgan Stanley. En effet, si un quart a fait le pas, les trois quarts des institutionnels estiment qu’il est de leur responsabilité d’intégrer les critères ESG dans leurs investissements. Si les actions et l’immobilier sont décrits comme les investissements au bénéfice du plus fort intérêt en matière de durabilité, les autres classes d’actifs sont aussi perçues favorablement, des obligations au capital-investissement. Seule exception, les hedge funds.

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Défi majeur

Les raisons de la progression de la finance durable sont multiples. La gestion des risques et le potentiel de rendement figurent en bonne place, selon Morgan Stanley. L’investissement durable permet de mieux protéger contre une baisse éventuelle mais nécessite d’intégrer ses critères de façon systématique. La gestion des risques est citée par 78% des institutionnels comme la principale motivation. Un pourcentage presque identique (77%) en espère une amélioration du rendement à long terme.

Le défi majeur concerne maintenant l’octroi de données de bonne qualité et d’une augmentation des compétences ESG. Seuls 43% des institutionnels estiment disposer d’instruments adéquats.

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