Gestion

L’investisseur ne reçoit que 38% de sa performance

Entre 2010 et 2017, un portefeuille équilibré a obtenu un rendement de 49%, mais l’investisseur ne gagne que 19%, selon une analyse de Zwei Wealth Experts portant sur 600 portefeuilles. Les portefeuilles conservateurs sont les plus décevants

L’investisseur assume 100% du risque d’un investissement, mais il ne reçoit même pas la majorité des gains de son portefeuille, si l’on en croit une étude récente de Zwei Wealth Experts portant sur 600 portefeuilles de plus de 100 instituts bancaires entre 2010 et 2017.

Coût très élevé pour la gestion active

En moyenne, un portefeuille équilibré (actions et obligations) a dégagé un rendement de 49% entre 2010 et 2017, mais l’investisseur n’a gagné que 19%, selon l’étude. La différence s’explique par deux différents facteurs, selon Zwei Wealth Experts. Premièrement, l’écart tient au fait que le gérant de portefeuille ne parvient pas à apporter une plus-value à travers une gestion active (laquelle s’éloigne de l’indice de référence). Au contraire, le rendement de la gestion active est de –34%. Il aurait visiblement été préférable de suivre de près l’indice de référence.

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Deuxième effet pénalisant: l’épargnant assume des frais moyens de 28%. «Il est paradoxal que le client paie des frais élevés en raison d’une gestion active qui pénalise sa performance. Les deux effets se renforcent mutuellement», explique Patrick Müller, cofondateur et directeur de Zwei Wealth Experts.

Dans le détail, l’analyse révèle que le problème est particulièrement aigu pour les stratégies de placement conservatrices (c’est-à-dire orientées sur le revenu et composées à 30% d’actions). L’investisseur ne reçoit que 32% du rendement alors qu’avec un portefeuille essentiellement composé d’actions (90% d’actions), il obtient 50% de la performance. «L’investisseur est mieux rémunéré avec une stratégie «plus agressive» qu’avec une stratégie conservatrice», observe l’auteur. Avec une stratégie dite de «croissance» (65% en actions), l’investisseur reçoit 42% du rendement.

Moins de rendement mais le même risque

Cette conclusion prend le contre-pied de l’opinion habituelle, laquelle voudrait que le rendement soit plus élevé lorsque le risque est réduit. L’analyse montre que les mauvais rendements ne le sont pas à cause d’une volatilité ou d’un risque diminué. L’analyse montre que la volatilité n’est pas abaissée si l’investisseur adopte un portefeuille conservateur.

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Les résultats de la performance de gestion sont «effrayants», selon l’auteur. L’investisseur supporte 100% des risques, mais n’obtient en moyenne que 38% du rendement. Le constat devrait réveiller les clients des banques et les amener à porter davantage d’attention à la performance relative, selon Patrick Müller. A un moment où les tendances des marchés sont à la hausse, il ne suffit pas de se satisfaire d’un rendement absolu positif. «Il faut systématiquement se comparer à un indice de référence», recommande Zwei Wealth Experts.

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