L’investisseur peine à choisir entreles différentes méthodes

Il existe des fonds qui, sans être à parité de risque, visent également un niveau de risque. Il est parfois difficile de s’y retrouver. On parle même de fonds mixtes propres «à tous les temps». C’est le cas par exemple d’UBS All-Rounder Fund, une solution «pour tous les cycles conjoncturels». Nordea Stable Return promet pour sa part un contrôle du risque (sous forme de volatilité), un rendement stable et une faible corrélation entre les actifs du portefeuille. Et au lieu de tenter d’identifier les moments clés du cycle des marchés, il utilise des indicateurs comme celui des haussiers/baissiers. Avec une fortune de 1,8 milliard d’euros, le rendement annuel sur trois ans a même été de 8,3% pour une volatilité de 3,9%. L’exposition économique aux actions est assez élevée (37%).

«Les gérants de caisses de pension n’ont pas encore défini leur «religion» en matière de contrôle du risque», avoue Olivier Christe, responsable de la clientèle institutionnelle auprès de la Banque Bonhôte & Cie. Il distingue entre trois méthodes principales, celle qui est basée sur des statistiques qui définissent un niveau de risque en termes de volatilité; ensuite l’approche dite du budget de risque, qui s’oblige à limiter la perte maximum d’un portefeuille; et troisièmement celle qui détermine des signaux de stress pour anticiper une baisse du marché. A son goût, cette dernière est en perte de vitesse et la première atteindrait son zénith.

La banque neuchâteloise privilégie celle qui définit un niveau de protection précis fixé ex ante. Ce plancher est défendu quelles que soient les conditions de marché. Cette catégorie porte le titre abscons de gestion dynamique d’allocation avec budget de risque. L’idée repose sur la théorie des pertes extrêmes et s’appuie sur l’ingénierie, par exemple le risque défini aux Pays-Bas pour fixer la hauteur d’un polder. La finance regorge de telles stratégies dites de rendement asymétrique. Le nom est choisi pour expliquer qu’un fonds baisse moins que l’indice et profite au maximum de ses phases de hausse.

L’emploi du budget de risque

L’évaluation du risque est complexe et intègre de nombreux calculs afin d’obtenir un niveau de risque très précis. Plus la précision est grande plus le portefeuille ­utilise le budget de risque qui lui est offert et augmente ainsi la part en actifs risqués. Le fonds, lancé en décembre dernier avec un budget de risque de 10%, a présenté un rendement à fin septembre de 4,5% avec un plancher aujourd’hui à 96,5%. En effet, la valeur plancher est rehaussée lorsque la valeur du portefeuille augmente. Le scénario négatif pour ce type de produit est celui de fluctuations rapides dans une tendance latérale. Il se mesure alors en coût d’opportunité. En août, le portefeuille a démontré sa réactivité en réduisant les actifs risqués dans la baisse et en l’augmentant à nouveau suite à la reprise des marchés.