La baisse actuelle des marchés financiers met l'accent sur l'importance d'une large diversification pour optimiser le profil risque-rendement. Une comparaison des investissements dans différentes catégories de placement révèle un grand potentiel pour le capital-risque.

Les placements en actions et autres instruments de placement qui dépendent de l'état actuel des marchés financiers se trouvent dans une période difficile. L'évolution des cours est négative depuis plusieurs mois et, selon les avis des experts, un retournement de tendance n'est pas prévisible au premier semestre 2008. Les perspectives à moyen terme sont également incertaines. Les secteurs en croissance les années précédentes souffrent aussi de la crise des marchés financiers. Les liquidités non investies augmentent également. Les caisses de pension et les Family Offices disposent d'encaisses importantes qui devraient retrouver rapidement des rendements élevés.

La stratégie de restructuration partielle du capital en placements monétaires ou en obligations est particulièrement judicieuse dans des périodes où les marchés financiers sont volatils et tendent à la baisse. Des concessions sur les perspectives de rendement en sont cependant la contrepartie. La question est donc: comment atténuer la dépendance aux mauvaises conditions des marchés financiers tout en conservant de bonnes perspectives de performances?

Une réponse est apportée par les placements alternatifs. Ce type de placement a connu une forte croissance ces dernières années. Parmi eux se trouvent aussi les investissements dans le capital non coté (private equity). Cette catégorie n'est cependant pas irréprochable. L'image du secteur du capital-investissement pâtit des débats médiatiques sur les tactiques des «Megadeals» et des «invasions de sauterelles» adoptées par quelques activistes. Aujourd'hui, dans l'esprit de nombreuses personnes, ce segment semble avoir pour seul but la maximisation rapide des profits par l'utilisation d'importants capitaux étrangers.

Même si cette considération peut se vérifier dans certains cas, elle ne s'applique pas à tous les types de placement en capital-investissement. Des sociétés de capital-risque, qui restent à l'ombre des feux médiatiques braqués sur certains fonds spécialisés dans le rachat d'entreprises, mettent à la disposition de jeunes entreprises des moyens financiers pour financer leur croissance. Elles s'associent au capital social de l'entreprise et partagent ainsi les risques associés à son parcours vers un succès commercial. Leur engagement est axé sur le développement fondamental de l'entreprise et sur le développement durable de sa valeur. Outre l'injection de capital, les sociétés de capital-risque assurent généralement une assistance managériale et mettent leur expérience et leurs relations à la disposition de l'entreprise.

Au moment de l'investissement, il n'existe encore aucune garantie de succès, mais on peut s'attendre à des gains importants quand l'entreprise deviendra florissante et verra sa valeur se multiplier. Une grande expérience et beaucoup de soin s'imposent dans la sélection des investissements appropriés. L'objectif est de trouver le futur gagnant et d'éviter la liquidation totale. Etant donné l'insécurité opérationnelle, il est important de ne courir aucun risque financier supplémentaire. Les sociétés de capital-risque renoncent en règle générale à utiliser des capitaux étrangers. Cette règle fondamentale doit être impérativement respectée, au moins jusqu'à ce que l'entreprise soit stable et produise des cash-flows réguliers.

La croissance future s'appuie sur le savoir-faire et sur une grande force d'innovation, complétés par des conditionscadres positives, qui encouragent et stimulent les pionniers à transposer des idées prometteuses en concepts commerciaux solides et économiquement profitables. Même si l'esprit de pionnier n'est pas particulièrement marqué chez nous, et que les jeunes entrepreneurs qui échouent sont considérés comme des entrepreneurs incapables plutôt qu'audacieux, le centre de technologie et de recherche suisse jouit d'une bonne position dans la compétition internationale. La Suisse dispose, en particulier dans les disciplines techniques, d'un système de formation très performant et compte parmi les leaders de la technologie dans différentes branches telles que, par exemple, les techniques médicales et de communication. Parmi les start-up émanant de l'Ecole polytechnique fédérale qui ont le mieux réussi dans ces secteurs, on compte entre autres les deux sociétés du portefeuille de New Value, Idiag AG et Silentsoft AG. Idiag est spécialisée dans le diagnostic et la réhabilitation dans les domaines de la colonne vertébrale et de la respiration et développe son appareil de musculation respiratoire SpiroTiger en s'appuyant sur les connaissances scientifiques élaborées à l'ETH de Zurich. Outre la thérapie respiratoire, cet appareil est utilisé avec succès pour l'entraînement de préparation et d'endurance des sportifs de haut niveau. Silentsoft, une émanation de l'EPF de Lausanne, est une entreprise leader dans le domaine des technologies de communication «machine to machine» (M2M). Elle a développé une technologie déposée pour des réseaux de télésurveillance à distance M2M qui mesure, transmet automatiquement et évalue des données sur des réservoirs de liquides ou de poudres répartis géographiquement.

La faiblesse actuelle des marchés d'actions internationaux confirme la nécessité d'une large diversification des portefeuilles dans toutes les catégories de placement. Des investissements stables, c'est-à-dire ne dépendant pas directement de la haute volatilité des marchés, servent de régulateurs et contribuent substantiellement au rendement alpha. Un coup d'œil sur le développement des investissements en capital-risque comparé à l'ensemble des placements en capital-investissement en Europe révèle un net besoin de rattrapage. Les placements en capital-risque offrent à leurs investisseurs un potentiel de croissance de la valeur nettement au-dessus de la moyenne, tout en présentant en même temps des investissements pertinents sur le plan de l'économie réelle. Ils soutiennent la croissance économique durable, car ils avancent des idées commerciales et technologiques innovatrices non encore établies.