Le continent africain dispose d'un énorme potentiel de croissance financière, d'autant qu'il est à un stade embryonnaire en tant que terre d'investissement. Son essor est dû principalement à l'augmentation des investissements étrangers directs, tirée en premier lieu par l'appétit croissant de la Chine pour les ressources naturelles, appétit qui a et continuera à entraîner à la hausse les prix des matières premières. Ce boom des ressources naturelles s'est traduit par une nette amélioration de l'ensemble des infrastructures, dont les économies africaines continueront à tirer les fruits.

L'envol de la demande mondiale de ressources naturelles a dopé les nations africaines au développement rapide, notamment le Nigeria, le Kenya, le Botswana et le Ghana. L'Afrique dispose d'importants gisements de diamants (60% des réserves mondiales), de platine, de cobalt et d'or. Elle dispose également de larges réserves de gaz et de pétrole (7% des réserves mondiales), le Nigeria et la Libye figurant parmi les plus grands producteurs pétroliers tandis que des pays tels que l'Angola commencent à s'imposer en tant que producteurs importants.

L'Afrique est notamment devenue une source de plus en plus importante de matières premières pour le secteur industriel chinois. Le déficit commercial historique de l'Afrique avec la Chine s'est ainsi transformé en excédent, entraînant des retombées sociales positives, dont les effets contribuent à un nouvel élan économique. L'explosion de la demande de matières premières fournit ainsi les investissements dont les économies locales ont besoin. Le monde occidental emboîtant le pas à la Chine, les répercussions de ces investissements vont se perpétuer naturellement.

L'Afrique commence à récolter les fruits des restructurations économiques des années 1990. Le continent connaît une croissance supérieure à la moyenne des pays membres de l'OCDE depuis 2000 et elle devrait s'établir à 6,2% cette année. Les experts prévoient notamment une forte croissance de l'Afrique subsaharienne au cours des prochaines décennies. Afin de soutenir cette expansion, l'Afrique devra augmenter ses dépenses en infrastructure dans les années à venir. Les gouvernements et les organismes influents du secteur privé en sont conscients, ce qui explique qu'ils aient inscrit les infrastructures, l'éducation, la santé, l'agriculture et le développement des institutions au rang de leurs priorités lors des récentes discussions du Forum économique mondial consacré à l'Afrique.

La dette a jusqu'ici constitué l'un des principaux freins au développement, bien que la dette extérieure des pays africains se soit résorbée des deux tiers depuis les années 1990 grâce au renforcement des politiques monétaires et à la flambée du prix des matières premières. La majorité des pays affichent désormais un taux d'inflation inférieur à 10%.

Cette embellie a d'ores et déjà rendu le continent moins vulnérable aux chocs extérieurs. Il y a quinze ans, le doublement des prix du pétrole aurait plongé l'Afrique dans la crise. Cependant, malgré la récente flambée des cours du brut, peu de pays africains ont nécessité une aide de la part du FMI.

Les risques politiques ont nettement reculé en Afrique ces dernières années. La défaite électorale d'un parti au pouvoir aurait été presque inconcevable il y a seulement vingt ans. Les conflits historiques sont désormais résolus dans de nombreux pays et la démocratie commence à se répandre. Selon African Business Research, le nombre des pays démocratiques est passé de 10 en 1980 à 33 en 2006. Cette évolution s'est accompagnée d'une gestion plus responsable et d'un meilleur contrôle budgétaire, fournissant dès lors un environnement davantage propice à l'investissement.

L'amélioration de la toile de fond politique attire un niveau accru de capitaux étrangers dédiés à l'infrastructure et au développement, ce qui alimente la croissance. Les investissements en provenance de Chine ont particulièrement contribué à renforcer l'image du continent à l'échelle mondiale. La participation de la Chine et de l'Inde au récent Forum économique mondial consacré à l'Afrique témoigne du resserrement des liens entre l'Afrique et l'Asie. Lors de ce même forum, la Commission européenne a en outre annoncé sa décision d'injecter 6 milliards d'euros dans des projets régionaux d'infrastructure sur les six ans à venir.

L'optimisme des investisseurs transparaît à travers la performance des marchés boursiers subsahariens, qui ont progressé de 38,2% au premier semestre 2007, contre une hausse de 17,1% de l'indice MSCI AC Far East ex. Japan Total Return et de 2,4% de l'indice MSCI Eastern Europe Total Return. De plus, les marchés subsahariens ont été épargnés par les corrections qui ont touché de nombreux marchés émergents fin février et début mars, et de nouveau en août 2007.

S'il est vrai que le secteur minier est au cœur des investissements réalisés en Afrique, plusieurs sociétés diversifiées y détiennent néanmoins des intérêts variés. Ainsi, l'infrastructure, la finance, les télécommunications et les biens de consommation de base attirent désormais l'attention des investisseurs.

Les banques panafricaines cotées internationalement sont également dignes d'attention: elles sont en effet parmi les plus rentables au monde et affichent un rendement moyen des fonds propres supérieur à 30%. Bien que publiant régulièrement des bénéfices supérieurs aux attentes, leurs valorisations restent inférieures à la moyenne.

L'Afrique demeure une nouvelle frontière et c'est cela qui en fait un terrain d'investissement aussi prometteur. Pour autant, malgré l'amélioration constante de l'environnement politique et fiscal et bien que l'infrastructure continue de tirer parti des investissements chinois, beaucoup de chemin reste à parcourir et les investisseurs doivent s'avancer avec prudence. Afin de minimiser les risques, nombreux parmi eux choisissent de privilégier les grandes sociétés cotées sur les places internationales et bien gérées, de réduire leur exposition aux pays politiquement instables et d'entretenir la diversification de leur portefeuille.

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