«Avec son Kindle, Amazon a fait un excellent travail de pionnier. Mais nous allons passer sur leurs épaules et aller un peu plus loin.» Mercredi soir, Steve Jobs a eu le sens de l’euphémisme en lâchant cette phrase. En présentant sa nouvelle tablette iPad, le directeur d’Apple a peut-être porté un coup fatal au livre numérique d’Amazon. Très attendu et précédé d’une kyrielle de rumeurs, l’iPad intégrera iBookstore, un service de téléchargement de livres élaboré avec cinq éditeurs: Penguin, HarperCollins, Simon & Schuster, Macmillan et Hachette.

Sur le même modèle que l’iPhone, l’iPad sera relié à l’App Store d’Apple et au service iBook­store, où des milliers d’ouvrages – le nombre de titres en français est encore inconnu – pourront être téléchargés pour des prix allant de 7,99 à 14,99 dollars. Le format utilisé sera ePub, l’un des plus populaires du marché.

Deux versions de l’iPad seront disponibles, l’une avec Wi-Fi et l’autre intégrant en plus une carte SIM pour une connexion permanente (3G) via le réseau de téléphonie mobile. La première version sera disponible d’ici à deux mois, la seconde d’ici à trois. Les prix dépendront de la mémoire intégrée: 499 dollars pour 16 Go, 599 dollars pour 32 Go et 699 dollars pour 64 Go. Il faudra rajouter 130 dollars à chacun de ces modèles pour pouvoir utiliser une connexion 3G.

Semblable à un iPhone version XL et carré, l’iPad dispose d’un écran tactile (doté d’un accéléromètre) de 24 centimètres de diagonale d’un format nettement plus proche des 4/3 que du 16/9. L’appareil de 680 grammes dispose d’un seul bouton physique en bas (comme sur l’iPhone) et d’une large bordure sur les côtés qui ne plaira sans doute pas à tout le monde. Steve Jobs a affirmé que l’autonomie serait de 10 heures en lecture continue de vidéos et d’un mois en veille. Voilà pour la théorie.

140 000 applications

La démo effectuée hier par le directeur d’Apple indique sa volonté de promouvoir l’iPad dans tous les domaines. Aussi bien visionneuse de films qu’ordinateur servant à composer des e-mails, la tablette sera une machine à tout faire, espère Steve Jobs. Les 140 000 logiciels déjà disponibles via l’App Store pourront tous être utilisés sur l’iPad, aussi en doublant leur taille à l’écran. Lors de sa présentation, Steve Jobs a aussi beaucoup insisté sur l’importance des jeux, plusieurs éditeurs ayant déjà développé des logiciels spécialement adaptés à l’iPad. En outre, en plus d’être un lecteur de livres, la tablette permettra de visionner des éditions de journaux, tel le New York Times, selon la présentation de mercredi.

Deux accessoires

Il sera possible d’acheter deux accessoires principaux: un clavier physique et un support pour tenir l’iPad verticalement. Reste à savoir comment se traduira concrètement l’accueil modérément enthousiaste constaté mercredi soir sur le Net. «Plus de 75 millions de personnes savent déjà utiliser l’iPad», a déclaré Steve Jobs, en faisant référence aux propriétaires d’iPhone et d’iPod Touch. Mais il n’est pas dit qu’ils seront immédiatement convaincus.