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L’élection présidentielle du 19 mai prochain constitue un élément de risque à la stabilité politique iranienne.
© Atta Kenare/AFP Photo

Echanges

L’Iran demande aux investisseurs suisses de ne pas lui tourner le dos

L’économie iranienne se transforme graduellement et sera à terme attractive pour les capitaux étrangers, selon des spécialistes du pays. Elle est toutefois minée par de multiples dysfonctionnements. L’élection présidentielle qui a lieu dans deux semaines constitue un risque d’instabilité

A condition de savoir prendre son mal en patience, de savoir naviguer dans les arcanes d’une bureaucratie et d’une corruption endémiques et enfin, de prendre le temps pour se familiariser avec les us et les coutumes locaux, il est possible de faire de bonnes affaires en Iran. Pour les entrepreneurs et exportateurs suisses qui cherchent de nouveaux marchés, ce pays offre des opportunités en or, inexistantes sous d’autres cieux.

C’est le message essentiel qui ressort d’une conférence organisée jeudi à l’initiative de la Webster University Geneva sur le thème «Doing Business in Iran». La manifestation a attiré une soixantaine d’hommes d’affaires, des ONG et des académiciens suisses, tous visiblement assoiffés d’informations sur un pays qui, après une trentaine d’années d’embargo économique, commence à émerger. Un marché de 80 millions d’habitants, dont 70% sont âgés de moins de 35 ans, un revenu annuel par tête de plus de 5000 francs et une envie folle de consommer – par exemple le marché des cosmétiques y pèse plus de trois milliards de francs par an. l’Iran voit des missions économiques et commerciales défiler, les unes après les autres.

Lire aussi: Johann Schneider-Ammann a rencontré l’ayatollah Khamenei, qui se dit ami de la Suisse

L’an dernier, à peine un mois après la levée des sanctions internationales en janvier, le président de la Confédération d’alors Johann Schneider-Amman dirigeait une délégation avec une quarantaine d’entrepreneurs suisses à Téhéran. Il avait même – événement rare pour un dirigeant occidental – rencontré l’ayatollah Khamenei, leader suprême de la révolution iranienne. Quelques mois plus tard, c’était au tour du conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet de se rendre à Téhéran à la tête d’une délégation.

Elections présidentielles

Les conditions pour investir en Iran ne se sont pas simplifiées depuis. Après avoir menacé de rendre caduque l’accord entre l’Iran et les Etats-Unis, le nouveau président américain Donald Trump a fait voter de nouvelles sanctions contre le pays. A l’intérieur du pays, des doutes par rapport à la stabilité politique sont de mise. Elles concernent l’issue de l’élection présidentielle qui a lieu dans deux semaines. «Si le président Hassan Rohani n’est pas réélu et si une ligne dure et conservatrice lui succède, cela aura un impact négatif sur les perspectives d’affaires et d’investissements en Iran», commente Dominique Jolly, professeur à Webster University Geneva et cheville ouvrière de la conférence jeudi.

Autre difficulté, et pas la moindre, il est toujours compliqué d’effectuer des transferts financiers depuis ou vers l’Iran. Les grandes banques internationales refusent de traiter avec ce pays par peur des sanctions américaines.

L’exemple des renouvelables

«Les investisseurs suisses auraient tort de tourner le dos à l’Iran malgré les handicaps et les incertitudes», a néanmoins martelé Farhad Tavakoli, directeur de RTA-Iran, bureau de conseils basé à Genève et à Téhéran. Pour prendre un exemple, l’Iranien a expliqué que des investissements dans les énergies renouvelables – un secteur où l’expertise suisse est reconnue – dégageraient des bénéfices au bout de six mois d’activités. «Les investissements seraient amortis dans trois ans et les profits seront multipliés par cinq au bout de cinq ans», a-t-il promis.

Les renouvelables dans un pays qui détient la deuxième réserve mondiale de gaz et la quatrième de pétrole? «Oui, a insisté Farhad Tavakoli. Il serait avantageux pour le pays d’exporter le pétrole et le gaz et gagner des devises. Le pays est bien disposé pour exploiter le solaire et l’éolien, d’autant plus qu’il doit respecter les engagements pris en matière de réduction d’émissions de gaz carbonique.» L’homme d’affaires iranien a encore rappelé que le besoin en énergie n’ira qu’en augmentant ces prochaines années, et qu’à présent, l’État subventionne la consommation jusqu’à 90%.

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