Zone euro

L’Italie, trop grande pour être sauvée ou pour faire faillite?

Le pays pourrait représenter un risque systémique pour l’Europe mais aussi pour l’économie mondiale, estime l’économiste Nouriel Roubini

L’Italie est l’un des sujets qui ont occupé la conférence sur l’investissement d’Amundi à Paris cette fin de semaine. «Elle est trop grande pour faire faillite, mais aussi trop grande pour être sauvée», a expliqué Nouriel Roubini.

Connu pour ses prévisions empreintes de pessimisme, le professeur de la Stern School of Business de l’Université de New York a ajouté qu’à «moyen terme, si la politique budgétaire part dans la mauvaise direction, l’Italie représentera un risque systémique pour l’économie européenne et peut-être même pour l’économie mondiale». Or, à son avis, il n’y a aucun doute que la politique budgétaire va dans la mauvaise direction. On pourrait assister à une crise «au ralenti», a-t-il ajouté.

Solution à court terme

Pour Kenneth Rogoff, cependant, à court terme, une solution est possible: l’Europe laissera l’Italie afficher un déficit plus élevé qu’autorisé normalement, a estimé le professeur d’économie à Harvard, spécialiste de la dette publique. Mais cela ne réglera pas fondamentalement le problème: à long terme, la zone euro ne sera plus résistante aux crises. La monnaie, sans union budgétaire, «cela a toujours été le problème de l’euro», a-t-il ajouté.

Un scepticisme habituel des économistes américains sur l’euro, qui n’a pas été arrangé par la publication par Joseph Stiglitz, en parallèle de la conférence, de conseils pour sortir de l’euro pour les Italiens.

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