Il y a, en Europe, des formules qui durent. La «Charte de Naples» pourrait être l'une d'elles, même si son contenu n'est guère contraignant. Le texte publié ce week-end à Naples représente, néanmoins, le premier engagement des Quinze à promouvoir davantage les grands réseaux de transport à travers Europe.

Cette annonce arrive dans la foulée de deux propositions parallèles. D'une part Bruxelles travaille depuis des mois sur la relance de grands travaux et vient de publier le rapport d'un groupe d'experts (voir Le Temps du 2 juillet) qui défini dix-huit chantiers susceptibles de figurer en tête de liste des priorités européennes jusqu'en 2020. D'autre part, l'Italie, qui vient de prendre la présidence de l'Union, veut relancer la croissance en Europe par le biais des grandes infrastructures. Rome attendait donc avec impatience l'avis des ministres des Transports européens. Tout en applaudissant, ils ne sont pas allés aussi loin que l'espérait le ministre des Transports italien qui veut multiplier les possibilités de franchir la barrière alpine.

Ils n'ont pas dit, par exemple, sur quels chantiers devront porter les efforts et en sont encore à l'exploration des pistes pour le financement, lequel pourrait s'élever à 235 milliards d'euros jusqu'en 2020. La «Charte de Naples» se contente de saluer l'initiative, de réclamer une feuille de route à la Commission européenne et de promettre d'agir «aussitôt que possible».

Le moment est idoine, car comme le souligne le porte-parole de Loyola de Palacio, commissaire en charge des transports, «redonner la priorité aux infrastructures, permettrait de conditionner favorablement la compétitivité économique» dans une Europe qui en a besoin.

Problèmes de financement

Mais c'est au chapitre du financement que les problèmes surgissent. Si les ministres des Quinze se sont penchés sur la nécessité de développer des partenariats entre le public et le privé, sur le besoin d'augmenter les garanties aux investisseurs, les pays en difficultés budgétaires, comme l'Allemagne ou la France sont prudents. L'avis des ministres de Finances des Quinze – fonction de leur déficit respectif – pèsera lourd sur l'avenir de la «Charte de Naples».