L'Italie a adopté, jeudi, une nouvelle rallonge budgétaire de 40 milliards d'euros pour 2021, pour faire face aux effets dévastateurs sur la troisième économie de la zone euro de la pandémie de coronavirus. Une grande partie de la nouvelle rallonge budgétaire devrait être affectée à des mesures d'urgence pour soutenir des sociétés et auto-entrepreneurs en difficulté, qui ont subi d'importantes pertes de leurs recettes en raison des mesures de restriction.

Signe de la grogne qui monte, des centaines de commerçants et restaurateurs avaient manifesté lundi bruyamment dans les rues de Rome pour réclamer l'allègement des restrictions.

L'article du 13 janvier 2021: L'Italie adopte un ambitieux plan de relance de 222,9 milliards d'euros

Ces fonds s'ajoutent aux 32 milliards d'euros déjà débloqués en janvier dans le cadre d'un précédent budget rectificatif, qui ont été consacrés à un paquet de mesures d'aide pour les secteurs économiques sinistrés. Depuis le début de la pandémie, l'Italie a déjà mobilisé plus de 130 milliards d'euros pour relancer les secteurs économiques mis à l'arrêt pendant les périodes de confinement.

Une dette publique en hausse

Le gouvernement de Mario Draghi a revu à la hausse sa prévision de déficit pour cette année à 11,8% du PIB, contre 9,5% en 2020, sous l'effet des dépenses liées à la relance d'une économie toujours freinée par la pandémie.

Le précédent exécutif dirigé par Giuseppe Conte avait tablé en octobre sur un déficit à 7% du PIB, avant une aggravation de la situation sanitaire. Selon les nouvelles prévisions, le déficit public devrait baisser à 5,9% du PIB en 2022, avant de passer sous la barre des 3% en 2025, le plafond autorisé par les règles européennes qui ont été suspendues en raison de la pandémie.

La dette publique aussi dérape: elle devrait atteindre le ratio vertigineux de 159,8% du PIB en 2021, contre 156% estimé auparavant, avant de diminuer graduellement. En 2019, la dette représentait déjà 134,6% du PIB, soit le deuxième ratio le plus élevé dans la zone euro, derrière la Grèce. Fin février, l'Italie a accumulé une dette colossale de 2643 milliards d'euros, contre 2409 milliards fin 2019.

Dans l'attente de fonds européens

 

Le gouvernement de Mario Draghi a également revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2021, tablant désormais sur une hausse du PIB de 4,5% en intégrant l'effet des mesures de relance de l'économie.

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Le précédent exécutif dirigé par Giuseppe Conte avait misé sur une croissance de 6% lors des dernières prévisions en octobre. Pour 2022, le gouvernement Draghi prévoit une croissance de 4,8%, qui devrait ralentir à 2,6% en 2023. Le choc de la pandémie sur l'économie italienne aura été rude l'an dernier, avec un plongeon du PIB de 8,9%, sa pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale.

Pour relancer la machine, Rome table sur des fonds provenant du méga-plan d'investissement de 750 milliards d'euros adopté par l'Union européenne. De loin le plus grand bénéficiaire du plan, l'Italie héritera de 191,5 milliards de subventions et prêts, un montant légèrement revu à la baisse en raison de calculs liés au PIB, selon le gouvernement italien.

Rome doit soumettre d'ici le 30 avril à Bruxelles la mouture nationale du plan remaniée par l'exécutif dirigé par Mario Draghi après le changement de gouvernement en février. Pour financer des investissements publics «complémentaires» au plan européen et jugés «essentiels pour la reprise de l'économie», Rome demandera aussi au Parlement d'autoriser un endettement supplémentaire d'environ 6 milliards d'euros par an en moyenne sur la période 2022-2033, selon un communiqué du gouvernement.