Le fondateur de Finmatica Pierluigi Crudele, surnommé le «Bill Gates italien», a été interpellé samedi par la police financière, et placé en résidence surveillée tout comme son plus proche collaborateur et ami Fabio Bottari. Ils sont sous le coup d'une enquête pour bilans frauduleux et manœuvres sur les cours de Bourse. Jusqu'ici valeur chouchou du nouveau marché, Finmatica, 900 salariés et 125 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel, est suspendue de cotation depuis quatre jours et son conseil d'administration doit dévoiler aujourd'hui les éléments de son bilan. Selon la banque d'Italie, l'exposition totale des banques italienne vis-à-vis de Finmatica est de 163 millions d'euros.

A une échelle financière beaucoup plus modeste, l'engrenage ayant conduit à la panne de Finmatica ressemble en tout point à celui qui a fait dérailler Parmalat. Dans les deux cas c'est une émission d'obligations mal accueillie par le marché qui a enclenché la mécanique infernale. En outre, pour Parmalat comme pour Finmatica, c'est le même cabinet d'audit Grant Thornton rebaptisé Italaudit, qui est sur la sellette. Cette société est également impliquée par le dossier judiciaire ouvert sur Cirio.