Les conseils d'administration des banques italiennes Unicredit et Capitalia ont approuvé dimanche leur projet de rapprochement qui donnera d'ici à la fin de l'année naissance au premier groupe bancaire de la zone euro.

Unicredit, la banque italienne qui connaît la plus forte croissance, va absorber sa consœur Capitalia via une offre publique d'échange à raison de 1,12 action Unicredit pour chaque action Capitalia. La transaction s'en trouve valorisée à 21,8 milliards d'euros.

Une fois obtenu le feu vert de tous les actionnaires, vraisemblablement fin juillet-début août, le patron d'Unicredit Alessandro Profumo dirigera le nouvel ensemble. Ce dernier conservera le nom d'Unicredit et sera le premier de la zone euro avec sa capitalisation boursière proche de 100 milliards d'euros. En Europe, il se classera au second rang derrière la Britannique HSBC (160 milliards d'euros de capitalisation), et devant UBS (98 milliards d'euros).

Cette opération permettra à Unicredit d'ajouter 2000 agences à son réseau italien, déjà fort de 5450 agences, soit une part de marché de 16%, derrière celle de sa grande rivale Intesa Sanpaolo. Plus de la moitié des revenus du nouveau groupe seront engrangés à l'étranger.

D'après les spécialistes, cette transaction marque pratiquement la fin de la consolidation du secteur bancaire en Italie puisque seule Banca Monte dei Paschi di Siena (BMPS), la banque de Sienne, est restée à l'écart du mouvement de rapprochements.

La concentration du secteur bancaire italien s'était accélérée fin 2005 avec l'arrivée d'un nouveau gouverneur à la tête de la Banque d'Italie. Mario Draghi s'est montré favorable au processus et la percée dans le pays d'établissements étrangers, à l'instar du néerlandais ABN qui détient 9% de Capitalia.