L’action d’UBS a caracolé en tête du SMI tout au long de la journée de vendredi. Bien qu’en recul de 60% sur un an, le bénéfice net de 827 millions de francs au troisième trimestre a été un peu meilleur que prévu. Les afflux nets d’argent frais, dépassant les 10 milliards de francs dans les activités de gestion de fortune à niveau mondial, ont aussi rassuré les investisseurs. Le titre a clôturé sur un gain de 2,37% à 14,26 francs.

Aux yeux du courtier IG, UBS «fait tout juste dans les domaines que la banque peut contrôler, en particulier en ce qui concerne la réduction des coûts et les afflux d’argent frais», comme le relève l’analyste Andreas Ruhlmann dans une note.

Prudente pour la suite, UBS évoque «les taux négatifs, et plus bas que prévu, qui constituent toujours des vents contraires importants». La banque continuera «à prendre des mesures en vue de contrebalancer les coûts réglementaires plus élevés que prévu». Elle a annoncé avoir déjà réalisé des réductions annuelles de coûts de 1,5 milliard de francs, en bonne voie pour atteindre son objectif de 2,1 milliards, visé d’ici fin 2017.

Nouveau litige à Hong Kong

Côté juridique, les analystes restent plus circonspects: «UBS n’est pas encore sorti d’affaire en termes de litiges, avec d’importants dossiers qui doivent encore être réglés avec le gouvernement français et le Département américain de la justice», ajoute IG. En plus des principaux litiges en cours liés aux dossiers des titres adossés à des actifs immobiliers (RMBS) aux Etats-Unis, ainsi que le contentieux fiscal avec la France, un nouveau point est venu s’ajouter à la liste au chapitre des «litiges, questions réglementaires et similaires» figurant à la fin de son rapport trimestriel.

La Commission des opérations sur titres et des dérivés de Hong Kong (SFC) mène une enquête sur le rôle joué par UBS en tant que sponsor de certaines sociétés pour leur entrée à la bourse de Hong Kong. «En octobre 2016, la SFC a informé UBS qu’elle prévoyait de commencer une action à l’encontre d’UBS et de certains de ses employés en rapport avec le rôle de sponsor joué par la banque dans ces offres», indique le rapport trimestriel. Interrogé au sujet de l’évolution du montant des litiges lors d’une conférence de presse, Kirt Gardner, le directeur financier, a rappelé que l’essentiel des provisions constituées se rapporte aux produits de type RMBS aux Etats-Unis.

Provisions juridiques en hausse

Au seul troisième trimestre, les charges pour provisions pour litiges, questions réglementaires et similaires se sont établies à 419 millions de francs. Au total, les provisions constituées dans ce but totalisaient 2,98 milliards de francs à fin septembre, contre 2,68 milliards à fin juin.

Quant aux reproches adressés à UBS en lien avec l’affaire du fonds souverain malaysien 1MDB, Sergio Ermotti, le directeur, a argumenté que l’enquête n’était pas spécifique à la place financière suisse mais qu’elle concernait l’ensemble du secteur financier. «L’Autorité monétaire de Singapour (MAS) n’a pas constaté de manques répétés dans notre système», a-t-il souligné.

Les activités de gestion de fortune («Wealth Management») hors Etats-Unis ont dégagé un bénéfice avant impôts de 504 millions (639 millions un an plus tôt), ce qui en fait l’unité la plus rentable du groupe. La division a aussi vu affluer 9,4 milliards d’argent frais entre juillet et septembre. S’y ajoute un apport de 0,8 milliard pour l’unité de gestion de fortune aux Etats-Unis.