Pour contrer la propagation de l’épidémie de coronavirus, nous avons renoncé à organiser des événements dans nos locaux. Mais pour que vous puissiez tout de même assister aux conférences prévues, certaines seront proposées sur notre site sous forme de vidéo ou de chat en ligne.

Alors que près de la moitié de l’humanité est toujours confinée chez elle pour tenter de stopper la pandémie de Covid-19, des pans entiers de l’économie mondiale se retrouvent paralysés.

Dans ce contexte, comment l’économie suisse pourra-t-elle survivre à la crise? La nouvelle entité universitaire Enterprise for Society Center, issue d’une mise en commun des compétences de l’EPFL, de l’IMD et de l’Université de Lausanne, propose une stratégie de déconfinement par secteurs d’activité en trois vagues.

>> Esquisse d’une stratégie combinant facteurs sanitaires et économiques: le plan de l’E4S

Pour en débattre, nous avons ouvert le dialogue avec quatre experts de l’E4S:

- Jean-Philippe Bonardi, professeur de management stratégique et doyen de la Faculté des HEC de l’Université de Lausanne
- Marius Brülhart, professeur d’économie à la Faculté des HEC de l’Université de Lausanne
- Jean-Pierre Danthine, ex-numéro deux de la Banque nationale suisse, aujourd’hui à la tête du Centre de compétences E4S
- Dominique Rohner, professeur en économie politique à la Faculté des HEC de l’Université de Lausanne

Découvrez leurs réponses ci-dessous:

Conclusion générale

Réponse donnée par E4S à 15:05

Merci à toutes et à tous pour ces questions qui appelleraient souvent des réponses plus détaillées. Nous vivons une période exceptionnelle qui génère beaucoup de questions fondamentales et nous force à réfléchir au chemin à prendre vers une économie plus respectueuse de l’environnement, plus inclusive et plus résiliente. E4S s’y attelle.

N’hésitez pas à visiter notre site www.e4society.org pour des prises de position plus étayées. Vous pouvez aussi suivre deux de nous sur Twitter (@dominic_rohner, @Marius_Brulhart).


  1. Question posée par Frederic:
    Pourquoi reléguer la finance et l’administration dans la troisième vague? Ces secteurs satisfont largement au premier critère et leurs services sont un intrant essentiel pour beaucoup d’activités économiques en aval.
    Réponse donnée par E4S à 15:04

    C’est vrai, mais notre analyse s’appuie aussi sur l’idée que ces secteurs sont beaucoup plus à même que certains autres de fonctionner à distance. En vue d’un déconfinement progressif, il convient de faire des choix et ce critère nous semble déterminant pour parvenir à préserver l’économie tout en ne faisant pas repartir le virus.


  2. Question posée par Keivon:
    Gardez-vous confiance en la solidité de l’économie suisse pour faire à cette crise? Quid de l’industrie du luxe?
    Réponse donnée par E4S à 15:04

    L’économie suisse a été globalement en excellent état avant le début de la pandémie du Covid, avec une croissance régulière et des taux de chômage très bas. Il s’agit maintenant de pouvoir préserver notre excellente capacité productrice pour sortir fort de la crise. C’est pour cela que nous avons argumenté dans un article récent que l’Etat doit se montrer généreux dans cette crise sans précédent et proposer pas seulement des indemnités aux travailleurs mais aussi des crédits aux petites et moyennes entreprises (partiellement à fonds perdu): https://www.24heures.ch/lematindimanche/accueil/prets-corona-efficaces-equitables/story/15697157

    En ce qui concerne l’industrie du luxe, en particulier, elle souffrira sans doute d’une demande internationale affaiblie (par exemple, dans l’horlogerie).


  3. Question posée par Gaetan:
    Pourquoi ne pas sauver les indépendants en laissant couler les multinationales? Si leurs cours chutent, l’Etat pourra toujours les racheter à une valeur très faible. Ainsi on éviterait de socialiser les pertes, ou du moins on nationaliserait les bénéfices jusqu’à la prochaine crise, et si elles ne coulent pas c’est qu’elles ont des fonds. Non?
    Réponse donnée par Gaetan à 15:03

    Vous mélangez deux questions qui sont quand même très différentes. On peut clairement penser que soutenir les indépendants serait une bonne chose. C’est un point que nous avons d’ailleurs défendu dans un article récent paru dans 24 heures. La décision du confinement est une stratégie des Etats, certainement justifiée, et les indépendants ne devraient pas être laissés sur le côté de la route. En revanche, isoler les multinationales pour penser les nationaliser ensuite ne semble pas être une perspective particulièrement attrayante…


  4. Question posée par Thero:
    La compagnie aérienne SWISS doit-elle être aidée par l’Etat? Et plus généralement les grandes entreprises privées de Suisse?
    Réponse donnée par E4S à 15:02

    Pour Swiss, voir notre réponse précédente. La plupart des grandes entreprises privées ont un coussin suffisant pour absorber le choc. Une aide en liquidités pourrait être justifiée au cas par cas. Elle devrait en tout cas être conditionnée à un remboursement des crédits avant tout versement ultérieur de dividendes.


  5. Question posée par Lazlo:
    Selon vous, la crise due au Covid-19 aura un impact sur le taux d’intérêt hypothécaire?
    Réponse donnée par E4S à 15:01

    L’impact de la crise du Covid sera probablement de prolonger la période de taux très bas, y compris en ce qui concerne les taux hypothécaires.


  6. Question posée par Jlo:
    Les banques suisses sont-elles prêtes pour le choc économique?
    Réponse donnée par E4S à 15:01

    Les banques suisses sont beaucoup plus solides qu’elles ne l’étaient avant la crise financière. Cela ne veut pas dire qu’elles peuvent résister à un choc de taille infinie. Elles bénéficient donc indirectement des mesures de soutien apportées à l’économie «réelle» et des liquidités mises à disposition par la Banque nationale.


  7. Question posée par Bon:
    En tant qu’économistes, l’avenir de la zone euro vous inquiète-t-il? Je crains une montée du populisme encore plus forte dans les pays européens…
    Réponse donnée par E4S à 15:00

    L’euro était un projet plus politique qu’économique, avec de nombreux économistes exprimant un certain scepticisme. Mais maintenant que l’euro est en place, une large majorité des économistes juge qu’une dissolution de la zone euro serait plus coûteuse que le maintien de la monnaie commune. Il serait donc particulièrement tragique si ce projet finissait par échouer à cause de tensions politiques. On peut cependant constater que les complications du Brexit ont plutôt calmé les ardeurs nationalistes en Europe continentale.

    Cette crise du coronavirus constitue toutefois un test supplémentaire. Les pays sont touchés de manière décalée, et leur capacité à répondre est inégale. Cela risque de créer certaines tensions. Une concertation internationale ainsi qu’une certaine solidarité entre les nations sera donc importante.


  8. Question posée par Sab:
    Les réactions des banques centrales, de la BNS à la BCE, sont-elles à la hauteur? Quel est votre avis?
    Réponse donnée par E4S à 15:00

    Oui, les réactions semblent appropriées. Il est important cependant de mentionner que la réaction politique essentielle doit venir des gouvernements et a une forte composante fiscale. Les banques centrales n’ont cette fois qu’un rôle subsidiaire. En particulier il faut faire très attention à ne pas se lancer dans des politiques monétaires «arrosoirs» qui n’atteindraient pas leur but et ne feraient qu’ajouter des liquidités là où elles ne sont pas nécessairement utiles.


  9. Question posée par Leo:
    Quand va-t-on voir la fin de la chute des marchés financiers?
    Réponse donnée par E4S à 14:59

    Les marchés se sont stabilisés ces derniers jours. Les investisseurs essaient sans arrêt d’évaluer les perspectives et les véritables coûts générés par la crise, ce qui est très difficile au vu des incertitudes sanitaires. Pas de réponse certaine à votre question donc avant d’y voir plus clair sur l’évolution de la pandémie et notamment la manière dont nous pourrons en sortir.


  10. Question posée par Nicolas:
    Quelles pourraient être des alternatives plus productives au chômage partiel?
    Réponse donnée par E4S à 14:51

    Le chômage partiel est un instrument précieux et par nature parfaitement adéquat pour contrer un choc temporaire et soudain sur la demande. C’est un instrument que de nombreux pays qui n’en disposent pas nous envient. Dans le cas présent il a dû, de manière justifiée, être élargi dans sa définition. Mais fondamentalement c’est le bon instrument pour répondre à l’incapacité des employeurs d’assurer temporairement leur coût de main-d’œuvre. Dans le document en lien nous argumentons que la même logique économique justifie dans certains cas des aides à fonds perdu pour le capital (les loyers par exemple): https://www.e4society.org/wp-content/uploads/2020/03/E4S_coronacrisis_FR.pdf


  11. Question posée par Laurent:
    Le marché du logement collectif arrive à saturation, en Valais par exemple; comment le marché de la résidence individuelle va-t-il évoluer? Le nouveau besoin d’isolement est-il un argument supplémentaire pour ce type de biens?
    Réponse donnée par E4S à 14:49

    Nous partons de l’hypothèse que cette pandémie est un phénomène unique dans son ampleur – après tout l’humanité n’en a pas vu depuis la grippe espagnole il y a un siècle. Dès lors, nous ne nous attendons pas à des changements fondamentaux et persistants dans la demande immobilière résidentielle, ni en termes de volume, de prix ou de composition (individuels vs collectifs). S’il s’avérait cependant que la présente pandémie ne fait que présager de vagues d’épidémies plus fréquentes, alors la demande se réorientera sans doute vers les habitations individuelles.


  12. Question posée par:
    Peut-on tenter de chiffrer un premier impact économique de la crise du Covid-19?
    Réponse donnée par Hervé à 14:48

    En se basant sur un PIB pour la Suisse de 676 milliards, un mois de confinement avec une économie totalement à l’arrêt coûterait 56 milliards de francs. Bien sûr, des secteurs entiers (santé, distribution de nourriture, une large partie des administrations, les services financiers…) continuent à travailler, dans certains cas avec une productivité affaiblie, dans d’autres avec une intensité renforcée.

    On peut ainsi considérer que les pertes de valeur ajoutée pour l’économie suisse se situent entre 25 et 50%, soit entre 14 et 28 milliards de francs par mois ou encore entre 0,7 et 1,4 milliard de francs par jour. La facture finale est difficile à estimer à l’heure actuelle, car on ne sait pas encore combien de temps la crise durera et quel sera exactement l’effet du déconfinement sur divers secteurs (c’est complexe car cela ne dépendra pas seulement de l’offre mais aussi de la demande – suisse et étrangère). Mais ce qui est d’ores et déjà clair est que l’ampleur du problème économique est donc déjà sans précédent dans les cinquante dernières années.


  13. Question posée par Frida:
    A quelles incidences vous attendez-vous sur le marché de l’emploi suisse? Certains secteurs, où la main-d’œuvre qualifiée rare doit être cherchée à l’étranger, seront-ils préservés? Je pense aux ingénieurs par exemple.
    Réponse donnée par E4S à 14:42

    Le marché de l’emploi sera certainement affecté fortement dans l’immédiat: notamment via le chômage partiel, mais aussi avec une augmentation du chômage résultant de faillites ou de redimensionnement d’entreprises. Il n’y a cependant pas d’indications fortes quant aux changements structurels de l’emploi (sur le long terme) et la demande d’ingénieurs ne devrait pas être durablement affaiblie.


  14. Question posée par Fabrice:
    On a évoqué ce qualitatif parfois peu glorieux de «PIGS» par le passé. Prenons l’Italie, qui a des graves problèmes économiques depuis de nombreuses années. Cette crise met le pays encore plus sous pression. Quel avenir économique voyez-vous pour ce pays? L’issue paraît plus qu’incertaine…
    Réponse donnée par E4S à 14:42

    L’Italie est un cas très intéressant. Il est évidemment difficile de faire des prédictions mais, contrairement à d’autres pays européens comme la Grèce par exemple, l’Italie dispose d’un secteur industriel fort et d’un grand nombre de petites entreprises efficaces. Cela devrait lui permettre de rebondir. Au final, c’est cette capacité productive qui fait la richesse d’un pays et il y a donc de l’espoir!

    Maintenant, il est certain que ce pays est durement frappé par cette crise, et qu’elle met en lumière un certain nombre de ses faiblesses en matière d’organisation générale.

    La capacité de l’Italie à emprunter et le coût de ces emprunts résultant du niveau très élevé de sa dette publique est évidemment un point sombre des perspectives italiennes. C’est ici que la dette nouvelle résultant de la bataille contre le Covid-19 devrait bénéficier d’un soutien européen solidaire sans quoi elle risque d’être non soutenable et de créer des problèmes majeurs pour l’économie italienne et le projet européen.


  15. Question posée par Leonela:
    Quelles sont les répercussions du Covid-19, à court et long terme sur l’immobilier?
    Réponse donnée par E4S à 14:40

    Nous ne nous attendons pas à un effet fort et persistant sur l’immobilier résidentiel. Par contre, il pourrait bien y avoir un effet, du moins passager, sur l’immobilier commercial.


  16. Question posée par Julien:
    Il faut changer de «système économique». Je suis d’accord, mais dire cela me fait passer surtout pour un utopiste. Alors quel autre système économique pourrait être acceptable si on ne peut pas tout révolutionner?
    Réponse donnée par E4S à 14:39

    Le capitalisme s’adapte sans cesse. Un capitalisme qui prend soin de l’entier du capital de la société est approprié pour répondre au défi climatique: cela demande cependant des correctifs importants par rapport au système actuel dans lequel des ressources d’importance capitale n’ont pas de prix et sont gaspillées (direction: taxer le CO2).

    Le système d’économie mixte qui est le nôtre est approprié pour répondre aux défis actuels. Mais il est fondé sur un consensus démocratique qui actuellement fait défaut pour aller plus vite en direction d’un développement durable. Faut-il renoncer à ce processus de décisions démocratiques (changer de système?) ou convaincre la majorité? Il nous semble que notre système démocratique en Suisse est quand même bien armé pour répondre aux défis de notre ère. Nous sommes pionniers de la sortie du nucléaire et il semble tout à fait faisable de convaincre une majorité de la population de l’utilité de taxes vertes.


  17. Question posée par Marie:
    N’est-il pas le moment de remettre en question la globalisation à outrance?
    Réponse donnée par E4S à 14:38

    En général, la globalisation est une bonne chose et en particulier pour une économie ouverte comme la Suisse. Sans globalisation, notre niveau de vie serait loin d’être le même aujourd’hui! Ceci dit, le plus grand problème de notre ère est la destruction de notre planète et certains aspects de la globalisation y contribuent. Le réchauffement climatique en est un, et des politiques et de la coordination internationale sont nécessaires sur ce point.

    Il est probable aussi, et c’est sans doute le sens de votre question, qu’un recentrage sur la production locale a des chances de se produire dans un certain nombre de secteurs. Les produits alimentaires en sont un bon exemple. Plus généralement, tous les produits ou services qui impliquent un certain niveau de confiance, notamment en matière nutritionnelle ou environnementale, pourraient mener à un niveau d’internationalisation plus faible.

    Enfin, le cas des respirateurs ou des médicaments dans cette crise du coronavirus montre toutefois qu’il y a des secteurs stratégiques pour lesquels s’appuyer uniquement sur le système des échanges internationaux peut être problématique.


  18. Question posée par Kea:
    Comment juger la santé de Swiss? Y a-t-il un risque de voir l’entreprise faire faillite?
    Réponse donnée par E4S à 14:29

    Les compagnies d’aviation sont toutes extrêmement pénalisées. Leurs coûts fixes sont élevés et elles n’ont plus de revenus. Elles sont donc en grandes difficultés et certaines ne risquent de ne pas survivre. Swiss (Lufthansa) ne serait sans doute pas la première victime car c’était une entreprise relativement prospère avant la crise.

    Reste qu’une aide en liquidité des gouvernements pour empêcher les faillites qui pourraient handicaper ultérieurement l’économie et coûter de nombreux emplois est donc justifiée (comme l’a proposée le Conseil fédéral). Les prêts devraient cependant être remboursés avant tout paiement de dividendes ultérieur.


  19. Question posée par Marie:
    Le franc peut-il ressortir grandi d’une telle crise?
    Réponse donnée par E4S à 14:28

    Le franc est déjà «grand», c’est-à-dire fort et même trop fort. La Banque nationale suisse s’efforce de prévenir une appréciation exagérée depuis plusieurs années. Typiquement quand le monde va mal et la peur prévaut le franc a tendance à s’apprécier. Les pressions à la hausse sont bien présentes actuellement mais il faut espérer que la situation s’améliore progressivement (cela peut dépendre de l’évolution sanitaire et de la perception qu’il sera possible de s’en sortir) car un franc encore plus fort combiné à l’affaiblissement de la demande globale pénaliserait encore plus l’industrie suisse.


  20. Question posée par Marie:
    Dans quelle mesure E4S tient-il compte des questions de durabilité? Un nombre croissant de personnes dénoncent le dogme de la croissance – qui n’est pas infinie – et du productivisme à tout prix. Quelle est votre position à ce sujet?
    Réponse donnée par E4S à 14:21

    La durabilité est au cœur des préoccupations de E4S. C’est même au départ de cette considération, ainsi que de celle liée à l’importance croissante des technologies digitales, qu’est née la discussion entre l’Université de Lausanne (par sa faculté d’économie HEC Lausanne), l’EPFL et l’IMD. Notre idée forte sur ce point est que les changements technologiques vont amener des changements profonds dans l’organisation des économies et des sociétés, et vont permettre d’aller vers quelque chose de plus durable.

    L’énergie ou les transports, qui sont à la base de la production et des échanges économiques, en sont un bon exemple. L’internet des transports ou de l’énergie, qui est encore à développer, devrait permettre de limiter considérablement les externalités environnementales tout en apportant de formidables gains en termes d’efficacité. Mais nous sommes conscients aussi qu’une économie plus durable nécessitera une certaine dose de régulation étatique, puisque le marché peine à résoudre des problèmes tels que la pollution, où il manque de droits de propriété clairement définis.


  21. Question posée par Sophie:
    Il a parfois été question de la fermeture des bourses pour préserver les marchés et entreprises. Que pense votre groupe d’une telle possibilité?
    Réponse donnée par E4S à 14:18

    La pratique est de fermer les bourses en séance lorsque les mouvements de cours sont tellement violents qu’ils sont difficilement justifiables rationnellement. Laisser du temps aux acteurs de réfléchir et prendre leur souffle. Fermer les bourses sur plusieurs jours ou plusieurs semaines ne viserait pas le même but: les opérateurs ont les nuits pour reprendre leurs esprits – et ce ne serait sans doute pas justifié.


  22. Question posée par Hervé:
    Vous soutenez que nous ne vivions pas une crise du capitalisme, mais de son objet. C’est-à-dire?
    Réponse donnée par E4S à 14:15

    Le capitalisme s’adapte sans cesse. Un capitalisme qui prend soin de l’entier des enjeux sociétaux serait approprié pour répondre par exemple à l’«objet» qui est le défi climatique: cela demande cependant des correctifs importants par rapport au système actuel dans lequel des ressources d’importance capitale n’ont pas de prix et sont gaspillées (direction: taxer le CO2).

    Le système d’économie mixte qui est le nôtre est approprié pour répondre aux défis actuels. Mais il est fondé sur un consensus démocratique qui actuellement fait défaut pour aller plus vite en direction d’un développement durable. Faut-il renoncer à ce processus de décisions démocratiques (changer de système?) ou convaincre la majorité? Il est tout à fait imaginable que la pandémie actuelle changera la sensibilité de la population par rapport aux défis planétaires et pas immédiatement visibles.


  23. Question posée par Frédéric:
    Une reprise rapide, en V, est-elle possible?
    Réponse donnée par E4S à 14:09

    Cela semble peu probable car la production mettra passablement de temps pour se remettre complètement, du fait des contraintes sanitaires: distance sociale, etc. En outre, même si la réaction du gouvernement suisse a pour le moment pu éviter le pire et que l’économie suisse sera en bonne position pour repartir, les entreprises suisses auront du mal à exporter tout de suite à grande échelle car beaucoup de pays ont été fortement touchés, ne peuvent pas réagir de manière aussi ciblée que nous et en conséquence la demande extérieure pour nos produits sera affaiblie, sans doute fortement, or l’économie suisse est très fortement tournée vers l’exportation.


  24. Question posée par Jean:
    Cette crise financière est-elle différente des précédentes? Nos institutions sont-elles beaucoup plus solides qu’en 2008?
    Réponse donnée par E4S à 14:08

    Ceci n’est pas en premier lieu une crise financière et nos institutions financières sont certainement plus solides qu’avant 2008. Mais le choc sanitaire et économique a aussi des conséquences sur les institutions financières. Par exemple toutes celles qui ont prêté aux entreprises d’exploitation du gaz de schiste et plus généralement qui sont engagées dans le secteur pétrolier lequel souffre d’un effondrement de la demande pour leurs produits.


  25. Question posée par Lionel:
    Quel est le rôle et l’objectif concret de E4S?
    Réponse donnée par E4S à 14:02

    Conscients de la responsabilité des établissements d’enseignement supérieur pour relever les grands défis sociétaux actuels et convaincus que les réponses appropriées résident dans l’alliance des innovations technologiques et des améliorations de la gouvernance économique, l’EPFL, l’IMD et l’UNIL unissent leurs forces dans un nouveau centre de compétences qui sera actif à trois niveaux: il visera à former la prochaine génération de dirigeants en offrant un master en management et technologie pour la durabilité, il voudra inspirer la transformation sociale et économique nécessaire en collectant, produisant et diffusant les recherches pertinentes, et il activera le changement en renforçant l’écosystème local de démarrage et d’innovation. Nous assemblons une coalition d’acteurs des secteurs privé et public pour nous aider à favoriser un système économique plus inclusif et durable, avec une plus forte acceptation démocratique, et ainsi orienter notre société vers un avenir meilleur.