Innovation

La livraison par drones entre dans une nouvelle phase

Alors que DHL a effectué des tests en conditions réelles en Allemagne, UPS se lance aussi sur ce marché. En parallèle, la Poste suisse poursuit ses expérimentations

De fantasme, la livraison par drone commence à devenir réalité. Si l'on est encore loin de services mis en place à large échelle pour les consommateurs, plusieurs sociétés actives dans la logistique se lancent désormais dans une nouvelle phase de tests avancés.

C'est la semaine passée que DHL – filiale de Deutsche Post DHL Group – a montré l'avancée la plus importante. Le transporteur a présenté les détails des tests menés durant trois mois avec le drone Parcelcopter, dont la troisième génération a volé en Allemagne. Les essais se sont déroulés en Bavière entre janvier et mars de cette année. Les appareils ont volé entre deux bases, éloignées de 8 kilomètres l'une de l'autre et avec un dénivelé de 500 mètres. Les habitants pouvaient expédier des colis et les réceptionner dans un container faisant office de base d'atterrissage.

60 kilomètres heure

Par la route, se rendre d'un point à l'autre prend environ une demi-heure. Les drones Parcelcopter ont mis huit minutes pour effectuer ce trajet, à une vitesse maximale d'environ 60 kilomètres heure. La première version des Parcelopter, en 2014, était capable de transporter des charges de 1,2 kilo maximum. Cette année, la charge a été portée à 2 kilos. DHL précise que des articles de sport ou des médicaments ont par exemple été transportés, parfois dans des conditions difficiles, avec par exemple du vent et de la neige. Désormais, DHL veut tester ses drones dans un environnement urbain – mais sans dire quand débutera une phase commerciale.

Concurrent direct de DHL, l’américain UPS se profile aussi sur le marché des drones. La semaine passée, la société a annoncé qu'elle ferait voler des drones au Rwanda pour y distribuer des poches de sang et des vaccins. UPS ne travaille pas seul sur ce projet, s'étant associé pour le côté technique à la société de robotique Zipline. Les drones livreront du sang à 21 centres de transfusion situés dans la moitié ouest du pays.

En Australie, des tests sont aussi menés par la poste locale. Ainsi, des drones, capables d'emporter une charge de 1,2 kilo, volent actuellement sur des trajets de 15 à 20 kilomètres. Les appareils sont semi-autonomes, puisqu'un humain transporte le drone dans son véhicule, puis le pilote à distance jusqu'à sa destination. D'ici la fin de l'année, Australia Post veut livrer plus d’une cinquantaine de destinataires, par les airs, deux fois par semaine.

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Amazon et La Poste sur les rangs

Amazon, qui mène des tests depuis plusieurs mois aux Etats-Unis, vient de son côté d'engager une dizaine d'ingénieurs en Autriche, spécialisés dans la navigation aérienne. A terme, le groupe américain veut faire voler ses drones dans un rayon d'une vingtaine de kilomètres autour de ses centres logistiques. 

De son côté, La Poste suisse teste aussi des drones depuis l'été 2015 depuis l'aéroport de Bellechasse, dans le canton de Fribourg. Depuis cette annonce, La Poste est muette: «Nous continuons à poursuivre nos projets de drone. Mais nous n'avons pour l'heure pas de nouvelle à communiquer», indique le service de presse.

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