Que ce soit dans l'entreprise privée ou dans une organisation publique, le manager est un facteur clé de succès et de motivation des collaborateurs: il est utile de savoir comment il fonctionne pour adapter des stratégies de collaboration plus que d'affrontement entre supérieur et subordonnés.

Moi, Manager. Sandra Bellier et Hervé Laroche. Dunod, Paris, 2005, 160 p.

Cet ouvrage est d'abord le témoignage d'un manager au quotidien, sous forme d'une soixantaine de tranches de vie, faites d'enthousiasme, de joies, de stress, de doutes et d'angoisses. Sous la pression des échéances, il ne lui est pas facile de prendre du temps et du recul pour réfléchir. En contrepoint de chaque récit, les propos de ce manager sont analysés par les auteurs: ils les placent dans une perspective d'évolution des pratiques des affaires mettant constamment les managers à l'épreuve. Cet ouvrage ne dira pas comment devenir un meilleur dirigeant, mais il favorisera l'introspection de ceux qui s'interrogent sur leur quotidien professionnel. Il pourra servir d'étalonnage entre le récit, le contrepoint des auteurs et le propre vécu du lecteur. A emporter dans sa mallette et à déguster par petites doses!

Comment gérer efficacement son supérieur hiérarchique. Guy Desaunay. Dunod, Paris, 2005 (3e éd.), 200 p.

On se plaint plus souvent de son patron que l'on ne développe avec lui des projets professionnels communs. Comme le dit Guy Desaunay, «cette relation patron-employé est à l'image de la pluie: au mieux, on s'en protège, au pire, l'inondation ou la tempête emporte tout.» L'auteur propose une démarche inverse: poser un diagnostic, en identifiant à quel type de supérieur hiérarchique on a affaire; puis se fixer un objectif en fonction de l'environnement et des valeurs de l'entreprise; finalement, imaginer les moyens de l'atteindre. Plutôt que de rester englué dans une relation affective négative, Guy Desaunay propose d'utiliser à son avantage l'affectivité de son patron. Gérer son supérieur, c'est déterminer un style de relation, utiliser des alliés, recourir à quelques sentiments clés. Gérer l'information est fondamental: le supérieur a autant besoin du travail que de l'information détenue par ses subordonnés. La conduite des réunions et des entretiens est aussi un outil important. Cet ouvrage pratique évite l'écueil des clichés simplistes et se termine par des tests permettant de faire le point sur l'état de ses relations avec son patron.

Les paradoxes de la gestion publique. Yves Emery et David Giauque. Ed. L'Harmattan, Paris, 2005, 246 p.

Plus que les entreprises privées, les institutions et services publics ont vécu d'importants changements ces dernières années. La nouvelle gestion publique a permis de traiter les principaux maux traditionnels des organisations publiques: pléthore bureaucratique, lenteur décisionnelle, déficits récurrents. Quels sont les résultats et impacts à plus long terme de cette logique marchande et financière? Les auteurs présentent un bilan critique de la nouvelle gestion publique dans les pays de l'OCDE autour de quatre dimensions: la capacité de pilotage de l'action publique, le fonctionnement organisationnel, la culture organisationnelle et la légitimité interne et externe. Une fois expliqués les paradoxes de chacune de ces dimensions, Yves Emery et David Giauque développent des recommandations afin de remédier aux contradictions décelées entre la production publique et les résultats politiques.

François H. Courvoisier. Dr ès sciences économiques, prof. à la Haute Ecole de gestion Arc de Neuchâtel, francois.courvoisier@he-arc.ch