La banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie n'a plus connu de croissance de ses avoirs sous gestion depuis la fusion, en juillet 2002. En 2003 et 2004, les fonds sont restés stables, à 100 milliards. Pourtant, LODH contrôlait 115 milliards à la fusion (hors avoirs sous administration, ou custody): en juin 2002, Lombard Odier & Cie gérait à elle seule 83 milliards, auxquels se sont ajoutés les 32 milliards de Darier Hentsch & Cie. En avril 2003, le CEO de la banque, Bernard Droux, n'avait pas nié que des retraits de fonds ont eu lieu chez les clients privés suite à la fusion. En outre, l'activité de gestion institutionnelle a souffert en 2003, avec la cessation de certaines activités à Londres. Depuis, la banque a réorganisé ses activités pour se recentrer sur la gestion privée, qui reste son cœur de métier. La part de la clientèle privée est ainsi montée à 70%, contre 55% à la fusion. «Ce changement de répartition a contribué à une hausse de notre rentabilité», souligne Bernard Droux.

En 2004, la banque a enregistré globalement 4% de performance sur les placements de la clientèle. Mais l'effet de la chute du dollar, combiné à quelques retraits de mandats institutionnels, a fait stagner les avoirs sous gestion. «2004 a été une année de redéploiement et de consolidation dans certains domaines clés», affirme Bernard Droux.

Toutefois, la tendance se serait inversée au 1er trimestre 2005, selon le CEO, qui fait état d'apports nets de 2 milliards de francs, principalement de clients institutionnels et dans les fonds de placement. Bernard Droux constate aussi un «bon développement de la gestion onshore, depuis Paris, Bruxelles, Amsterdam et Londres, qui compense la stagnation du marché offshore, «stable, voire en légère régression».