Le banquier privé genevois Patrick Odier entrera en fonction le 17 septembre à l’occasion de l’assemblée annuelle de l’ASB. Une conférence de presse se tient cet après-midi à Zurich.

Patrick Odier, associé senior de la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch, défend déjà les intérêts de la place financière au sein de différents lobbies, et notamment chez economiesuisse et à la fondation Genève place financière, deux organisations au sein desquelles il occupe la fonction de vice-président.

Pierre Mirabaud a annoncé sa démission après 6 ans passés à la tête de l’ASB. Sa présidence a été marquée par la crise financière et les pressions exercées sur le secret bancaire. Dans son communiqué, l’association remercie le banquier genevois pour ses «éminents services rendus à la place financière suisse», et notamment pour son rôle dans l’adoption de la norme de l’OCDE relative à l’entraide administrative dans le domaine fiscal, soit l’abandon de la distinction entre soustraction et fraude fiscale.

Il n’en reste pas moins que Pierre Mirabaud n’a pas toujours brillé dans ses avis. Ainsi, dans une interview à un journal le 12 octobre 2008, le Genevois déclarait que «jusqu’à présent aucune banque suisse n’a reçu d’argent public – Je suis convaincu que cela ne sera pas nécessaire». Ni UBS, ni Credit Suisse ne sont dans l’œil du cyclone et la faillite d’un établissement helvétique peut-être exclue, avait poursuivi Pierre Mirabaud. Or quatre jours plus tard, UBS devait sa survie à un engagement colossal et inédit de la Confédération et de la Banque nationale suisse (BNS).

Pierre Mirabaud a aussi sous-estimé les pressions américaines sur le secret bancaire. Peu après l’élection de Barack Obama à la présidence américaine, il avait expliqué que les banques suisses n’avaient «sûrement» rien à craindre du succès de Barack Obama, car la Suisse n’est pas un paradis fiscal et les Américains recherchent toujours des solutions pragmatiques. Et pourtant trois mois plus tard, Pierre Mirabaud a vu ses espoirs douchés, le président de l’ASB s’avouant «fâché» de la transmission de données de clients de l’UBS à l’administration fiscale américaine. «La vérité est que le Département américain de la justice a rançonné UBS», a alors relevé le Genevois.

Pierre Mirabaud s’est aussi illustré par un dérapage verbal lors d’une interview à la télévision en février 2008, en comparant la pression exercée par l’Allemagne sur le Liechtenstein dans le cadre d’une affaire d’évasion fiscale aux méthodes du régime nazi. La manière qui a permis aux autorités de se procurer les données de clients allemands de banques du Liechtenstein, rappelait «malheureusement» à Pierre Mirabaud «des méthodes dignes de celles de la Gestapo».

Aujourd’hui, Pierre Mirabaud a également annoncé son retrait du Collège des Associés de Mirabaud & Cie, banquiers privés. Agé de 60 ans, il invoque des raisons personnelles pour justifier sa volonté de réduire de manière significative ses activités. Le communiqué du Collège précise que Pierre Mirabaud, associé depuis 1979, quittera ses fonctions à la fin de l’année, mais «restera en contact étroit avec ses clients et continuera à suivre de près la gestion de leurs avoirs».