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La révision de la loi sur les émissions de CO2 est dans le pipeline fédéral. Le lobby pétrolier rappelle que de nombreux efforts ont déjà été entrepris.
© Union pétrolière

Energie

Le lobby pétrolier dénonce une politique énergétique «non durable»

L’Union pétrolière craint l’édiction de normes irréalisables de réduction des émissions de CO2 alors que le pétrole représente encore 50% du marché. Elle aimerait convaincre les autorités de miser sur les biocarburants

«Ne détruisez pas un système qui fonctionne.» C’est, en substance, le message que l’Union pétrolière, la faîtière des importateurs en Suisse, avait à faire passer mardi lors de sa journée des médias, organisée dans la raffinerie de Cressier (NE). Une visite qui avait un agenda politique assumé: avancer les pions du secteur pétrolier alors que la révision de la loi sur le CO2 est, en ce moment même, dans le pipeline fédéral.

«Il est clair qu’il faudra un jour remplacer les énergies fossiles, admet Roland Bilang, directeur de l’Union pétrolière. Mais c’est le tempo qui nous fait souci, les buts sont irréalisables.» Le projet de loi – qui vise à retranscrire dans le droit suisse les engagements pris lors de l’Accord de Paris sur le climat en décembre 2015 – n’est pas encore connu. Le Conseil fédéral présentera fin novembre son message au parlement. Mais l’Union pétrolière craint une nouvelle augmentation de la taxe sur les émissions de CO2. Au premier janvier 2018, celle-ci devrait déjà passer de 84 à 96 francs par tonne.

Près de la moitié des maisons chauffées au mazout

A Paris, la Suisse s’était engagée à réduire d’ici à 2030 ses émissions de CO2 de 50% – par rapport au niveau de 1990. Irréalisable, pour l’Union pétrolière, à moins que la Suisse puisse financer des projets de réduction à l’étranger – un système communément appelé «permis de polluer».

Le lobby des importateurs de pétrole rappelle que de nombreux efforts ont été entrepris pour maintenir les émissions de monoxyde de carbone à un niveau stable, malgré l’augmentation du parc automobile. Martin Stucky, son responsable romand, fait valoir le principe de réalité: «Les progrès sont spectaculaires, mais 48% des maisons sont toujours chauffées au mazout.» En tout, le pétrole représente environ la moitié de la consommation énergétique de la Suisse.

Des biocarburants pour préparer l’après-pétrole

Et pour garantir cette sécurité énergétique – dont la raffinerie représente «l’épine dorsale» –, l’Union pétrolière a son propre plan: les biocarburants. Ce combustible – qui contient entre 5 et 7% de matériaux organiques non fossiles – a permis de réduire les émissions de CO2 de 250 000 tonnes en 2016. Le double pour 2017, prévoit le lobby pétrolier, qui estime la part des biocarburants sur le marché à 3,5%.

Or, «les autorités ne veulent plus d’aménagements fiscaux» pour le bioéthanol ou autre biodiesel, déplore Ueli Frei, directeur de Biofuels, un organisme financé, à travers la fondation Klik, par les importateurs de pétrole. Depuis 2013, ces derniers ont pour obligation de compenser 5% des émissions de gaz. Et, sans incitations fiscales, les biocarburants coûteraient au litre 15 à 25 centimes plus cher que l’essence, calcule Ueli Frei. «Je ne connais personne qui soit prêt à payer plus cher pour un produit substituable.» Les débats sur la transition énergétique ne font que commencer.

Lire aussi: L’ouragan «Harvey» perturbera légèrement le secteur du pétrole

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