«Notre objectif, c'est que nos collaborateurs reflètent notre clientèle en termes de genre, d'âge ou de culture.» C'est sur cette idée que la politique de gestion de la diversité est menée depuis 2005 au sein de la banque Raiffeisen, explique Alain Girardin. Introduire de la diversité, cela signifie promouvoir les femmes, les seniors, les handicapés, la multiculturalité. En arrière-plan: les courbes démographiques, la pénurie de main-d'œuvre et la guerre des talents qui s'annonce.

Première étape: les femmes et la politique de la famille. Il s'agit d'inciter les collaboratrices à revenir après leur congé maternité, de permettre au personnel de concilier vies professionnelle et privée, d'augmenter la proportion de femmes cadres avec l'objectif d'arriver à 30% d'ici à 2015. «Aujourd'hui, sans compter les apprenties et apprentis, nous avons 44% de femmes chez Raiffeisen Suisse et 54,5% dans les banques, mais leur nombre est encore insuffisant dans l'encadrement», lance Alain Girardin. «Tout a été mis en place, notamment via un programme de mentoring, pour favoriser la carrière des femmes et leur accession à des postes d'encadrement. Mais nous n'introduirons pas de système de quotas, la compétence doit primer.» Pour montrer l'exemple au plus haut niveau, la Valaisanne Marie-Françoise Perruchoud-Massy siège au conseil d'administration depuis 1998, et «cette année, pour la première fois, une femme, Gabriele Burn-Schulz, est entrée à la direction générale de Raiffeisen Suisse». «A Lausanne, ajoute le directeur, pour une cinquantaine de collaborateurs et huit services, j'ai trois cheffes de service, dont une femme qui travaille à 70%, qui a un enfant et mène une équipe de six personnes. Honnêtement, au départ, je ne pensais pas que ce serait possible et j'ai d'abord refusé. Mais finalement, c'était une fausse croyance. Avec un peu de souplesse, cela fonctionne très bien. Elle est présente au bureau trois jours par semaine, elle travaille le soir et elle ne compte pas ses heures.»

Côté conciliation, le siège de Saint-Gall, qui occupe 1500 personnes, possède une crèche d'entreprise et propose des journées d'ateliers pour les enfants des collaborateurs durant les vacances scolaires, en collaboration avec la Haute Ecole pédagogique de Rorschach: les enfants partent pour la journée et vont faire de l'escalade, du cirque, des bricolages ou du foot. «Malheureusement, à Lausanne, notre taille ne nous permet pas de développer une telle offre, cela coûterait trop cher», admet Alain Girardin.

Dans une deuxième étape, Raiffeisen Suisse va mettre sur pied une politique qui permette aux collaborateurs seniors de moduler leur taux d'activité et leur passage à la retraite entre 58 et 70 ans environ. «Nous disons à nos collaborateurs qu'à 60 ans on n'est pas forcément voué à la retraite anticipée. Certes, certains aspirent à s'arrêter, mais d'autres souhaiteraient poursuivre leur activité. Nous allons donc flexibiliser le système pour pouvoir garder ceux qui le veulent, avec des modèles de temps partiel dégressif ou sur mandat, cela reste à déterminer.»