Beaucoup de cadres n’ont pas compris qu’ils sont estampillés d’un «Migros data» invisible. Leur date de péremption résulte de plusieurs facteurs: l’accélération du changement qui affectera le modèle d’affaires de tous les métiers, la modification des modalités du travail dont le télétravail n’est qu’une petite illustration, le recours à l’intelligence artificielle et/ou à la robotisation qui imposeront de repenser le rôle de beaucoup d’humains, l’émergence des concurrents asiatiques dont la puissance de frappe est encore largement sous-estimée, ou encore la montée en puissance de nouvelles technologies disruptives.

Chacun de ces facteurs est source de péremption mais lorsque plusieurs d’entre eux se combinent, la disruption devient d’autant plus écrasante. Imaginez par exemple l’impact sur les emplois dans la santé d’une entreprise asiatique qui déciderait d’exploiter en Suisse son savoir-faire en matière de télémédecine et d’intelligence artificielle. Ce scénario n’est pas une vue de l’esprit, car cette entreprise existe déjà. Elle s’appelle Ping-An. Cette compagnie d’assurances traite déjà 260 millions de patients à distance avec des cabines robotisées qui ressemblent aux toilettes publiques françaises. En s’acoquinant avec un partenaire local, installer quelques cabines pour traiter à meilleur compte quelques millions de patients helvétiques serait un jeu d’enfant.