L’OCDE, club des principaux pays riches, a confirmé jeudi le ralentissement de la reprise, notamment dans sa zone et de manière très marquée aux Etats-Unis. Elle appelle à une coordination renforcée pour réduire les déséquilibres mondiaux qui font toujours planer des risques.

Dans son nouveau rapport sur les Perspectives économiques, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prévoit une croissance mondiale de 4,2% l’an prochain, après 4,6% cette année. L’économie mondiale rebondirait à nouveau en 2012, avec une progression de son produit intérieur brut (PIB) de 4,6% à nouveau.

Ce même trou d’air est constaté dans ses principales régions en 2011. Ainsi, dans les pays industrialisés de la zone OCDE, la croissance est désormais attendue à 2,8% cette année (contre 2,7% dans les précédentes prévisions de mai), puis ralentirait à 2,3% l’an prochain

Aux Etats-Unis, la révision à la baisse est plus nette: son économie progresserait de 2,7% en 2010 (contre 3,2% attendus en mai dernier) puis de seulement 2,2% en 2011 (contre 3,2%), avant le rebond de 2012, à 3,1%.

La zone euro ferait un peu mieux que prévu cette année, à 1,7% au lieu de 1,2%, mais le rythme de la croissance stagnerait l’an prochain à 1,7% (contre 1,8% attendu auparavant). Les économies de la monnaie unique progresseraient de 2% en 2012.

Enfin, le Japon devrait connaître un rebond marqué cette année à 3,7%, contre 3% prévus en mai, mais la rechute sera plus forte, à 1,7% l’an prochain (contre 2%) puis 1,3% en 2012.

«Les risques adverses demeurent substantiels» et «les déséquilibres mondiaux encore élevés, s’accentuant dans certains pays» laissent craindre une «fragilisation de la reprise», affirme le chef économiste de l’OCDE Pier Carlo Padoan dans le rapport, appelant à une «action coordonnée des politiques macroéconomiques» et «de taux de change».

Malgré la force du franc, la Suisse peut compter avec une croissance plus importante que prévue jusqu’ici en 2010, selon l’OCDE. Dopée par la reprise mondiale, l’activité économique helvétique s’est nettement accélérée, laissant présager une hausse du PIB de 2,7%.

Dans son édition de mai, l’OCDE tablait sur une croissance de 1,8% cette année et de 2,2% en 2011. Cette seconde prévision reste inchangée. Pour 2012, l’organisme basé à Paris s’attend à une hausse de 2,5%.

L’écart de production se résorbant, le rythme de croissance économique ralentit progressivement pour se rapprocher de son potentiel au cours de la période de prévision. Le chômage devrait refluer légèrement ces deux prochaines années (à 4,3% et 4,1%) et l’inflation devrait se situer un peu en-dessus de 1% en 2012.

Selon l’OCDE, la Suisse devrait réduire encore les risques inhérents à une éventuelle faillite bancaire de grande envergure. Les deux principaux établissements bancaires, UBS et Credit Suisse, devraient notamment avoir des obligations plus strictes en matière de fonds propres.

Les prévisions de jeudi rejoignent celles publiées par UBS il y a une semaine: la grande banque a annoncé une croissance de 2,7% pour 2010 et 2,3% pour 2011. En septembre, le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) avait lui aussi avancé le chiffre de 2,7% pour cette année. Un peu moins optimiste, la Banque nationale suisse avait estimé que le PIB grimperait de 2,5%.