Dans le cadre de l'adaptation de sa gamme de fonds, Lombard Odier Darier Hentsch & Cie (LODH) a décidé de fusionner deux de ses fonds de placement. Il s'agit des fonds Healthcare et Biotech. La gestion du nouveau fonds orienté sur le thème plus vaste des «Sciences de la vie» et qui regroupera près de 40 millions d'euros sera en outre externalisée dès septembre.

«Nous avons pris cette décision pour trois raisons, a confirmé au Temps Serge Ledermann, chef de la division Investissements de LODH: ces deux fonds sont aujourd'hui de petite taille, regroupant un peu moins de 20 millions d'euros chacun. Or nous souhaitons donner plus d'ampleur à ces produits.» En outre, ajoute l'associé de LODH, la banque souhaite adopter une vision «plus large et modulaire» du domaine des sciences de la vie, qui ne se limite pas uniquement aux pharmas et aux biotech, mais s'étend aux techniques médicales et aux services de la santé. Enfin, il s'agit aussi d'améliorer la performance de ces fonds, admet Serge Ledermann, «qui n'a pas été satisfaisante ces dernières années». Le LODH Biotech a gagné 3,7% cette année, 11% sur un an, et cède 15% sur cinq ans. Le fonds Healthcare est en hausse de 17% cette année, de 20% sur un an, et en recul de 8,5% sur cinq ans.

La banque privée genevoise a décidé d'externaliser la gestion de ce secteur, suivant une approche multigestion qu'elle a déjà adoptée pour les actions américaines et japonaises et qui lui a réussi.

En revanche, un autre fonds sectoriel reste géré à l'interne: le fonds technologique Infology. «Nous sommes satisfaits de ce fonds, qui avec 80 millions d'actifs gérés est un important produit de notre gamme, indique Serge Ledermann, nous avons de bonnes compétences à l'interne et un track record solide.» Le fonds gagne 10,6% sur un an, et recule de 3,5% cette année ce qui le classe mieux que les fonds précités face à la concurrence.

Serge Ledermann avait expliqué au Temps en juin dernier que les fonds sectoriels sont un thème qui a en général moins de succès que durant les années 1990. Mais à l'heure actuelle, l'associé de la grande banque genevoise note un «appétit des investisseurs pour le marché des actions», dont profite notamment le fonds Infology.

LODH arrive achève une grande réorganisation dans son département de gestion institutionnelle qui aura duré trois ans. L'associé Serge Ledermann avait rejoint le groupe en 2001 comme responsable de cette division, avant de prendre la tête de la nouvelle division Investissement. Cette activité, qui traverse toutes les divisions, vise à tirer profit des synergies du groupe et de la convergence entre les attentes des clients privés et institutionnels. LODH gère 114 milliards de francs, dont 62% d'argent de clients privés et 38% d'avoirs de clientèle institutionnelle. La division institutionnelle représentait 45% des avoirs avant la fusion entre Lombard Odier & Cie et Darier Hentsch & Cie en juillet 2002.