Investir dans des titres japonais peut réserver de mauvaises surprises, même pour les spécialistes. C'est la leçon qu'a apprise la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch (LODH) l'hiver dernier. Début janvier, elle décidait de fermer le Samuraï Portfolio Fund, l'un de ses trois principaux fonds de placement investis dans des actions de sociétés nipponnes, décision appliquée à la fin du mois.

«Les performances insatisfaisantes du fonds ont engendré de nombreux remboursements et donc une forte baisse des actifs sous gestion, qui sont passés de 32,2 milliards de yens (323,6 millions de francs) à 13,5 milliards (135,6 millions de francs) entre le 1er janvier et le 31 décembre 2007. La liquidité du portefeuille s'est réduite jusqu'à devenir incompatible avec l'exigence de liquidité quotidienne d'un fonds public. Afin de protéger les investisseurs restants, nous avons pris la décision de fermer le fonds», explique Nicolas Tschopp, du département «produits» de LODH, dans une réponse écrite adressée au Temps.

Cycle haussier manqué

Au meilleur de sa forme, en juin 2005, le fonds Samuraï affichait une fortune de 522 millions de francs. C'est à?cette période que sa performance s'est écartée de l'indice Topix qui lui sert de référence, et que sa fortune a commencé à décliner.

Cette contre-performance «s'explique principalement par la concentration importante du portefeuille dans des titres de petite et moyenne capitalisation boursière», poursuit Nicolas Tschopp.

En clair, le gérant, l'indépendant Marcel Marentini, de Beagle Asset Management à Tägerwilen (TG), a manqué la forte hausse des grandes capitalisations à l'automne 2005, à un moment où les perspectives de croissance de l'économie japonaise favorisaient les titres cycliques. Il n'a jamais pu rattraper son retard.

LODH justifie la gestion d'un gérant qui «a appliqué de manière rigoureuse sa stratégie d'investissement». Contacté, Marcel Marentini ne souhaite pas s'exprimer sur cette affaire.