Lombard Odier Darier Hentsch (LODH) ne veut plus spéculer sur les denrées alimentaires. La banque privée genevoise est sur le point de se retirer de cette activité par souci de cohérence avec un partenariat initié il y a quelques mois avec l'ancien vice-président américain et prix Nobel de la paix Al Gore, a appris Le Temps. Une information doit parvenir très prochainement à la clientèle.

Ce n'est pas le négoce des produits agricoles en tant que tel qui est remis en cause, mais plutôt l'emploi d'instruments dérivés susceptibles d'accroître la volatilité des cours. Ainsi, la banque renonce à employer les futures, les ETC (exchange-traded commodities, équivalent pour les matières premières des ETF) et les options. La banque s'apprête à réduire fortement ses expositions, voire à les supprimer. Une décision formelle est attendue cette semaine.

LODH justifie sa décision par l'éthique, celle de ne pas participer à la spéculation sur les denrées alimentaires. La hausse des cours et les émeutes de la faim qui se sont déclenchées en de nombreux pays a eu raison de cette activité. La banque préfère mettre en avant son engagement dans les investissements durables, soulignée par le partenariat établi en novembre 2007 avec Generation Investment Management, la société de gestion d'Al Gore.