Voilà une nouvelle qui pourrait s'annoncer excellente pour Xstrata. Les actionnaires de WMC font pression auprès des dirigeants de la société pour qu'ils expliquent les raisons qui les ont poussés à refuser l'offre de rachat de 6,68 milliards de francs de leur concurrent suisse. Le groupe minier australien, qui prépare sa défense avec ses banques-conseils, UBS et Citigroup, a indiqué qu'il pourrait ne pas faire appel à des experts-comptables indépendants.

Une décision qui semble choquer les investisseurs. «Si vous déclarez qu'une entreprise vaut X, démontrez-le moi, résume Paul Moore, analyste chez PM Capital, un fonds d'investissement basé à Melbourne. Le conseil d'administration [de WMC] devrait être capable d'expliquer dans un langage simple les bases qu'il utilise pour calculer la valorisation de la société.»

Le spécialiste, qui affirme pourtant croire dans le potentiel du groupe minier australien, ne manque pas de supporters. La volonté de faire appel à des experts indépendants est «une bonne idée, estime John Curry, le président de l'association des actionnaires australiens. Pourquoi faire confiance aux directeurs de WMC quand ils ont dans le passé toujours rechigné à dire quoi que ce soit concernant la valorisation de l'entreprise.»

Actionnaires perplexes

Pour tenter de tranquilliser ses actionnaires, le groupe australien a publié, mercredi, un communiqué rassurant concernant sa mine d'Olympic Dam dans l'Etat d'Australie-Méridionale. Des forages récents auraient montré que le gisement de cuivre et d'uranium serait de 30% plus important que prévu. Les prévisionnistes de la société ont aussi estimé que le cours moyen de l'uranium devrait se situer à l'avenir autour de 27 francs la livre, et non pas de 21 francs comme prévu en décembre 2003. Ces deux facteurs augmenteraient sensiblement la valorisation de l'entreprise. Aucun chiffre précis n'a toutefois été dévoilé par les dirigeants du groupe. Les experts restent également dubitatifs.

Le cours en Bourse de WMC n'a d'ailleurs pas augmenté après l'annonce des prévisions optimistes de ses directeurs. «L'expansion d'Olympic Dam n'en est encore qu'au stade de l'étude de faisabilité, expliquait, dans les colonnes du quotidien The Sydney Morning Herald, Brendan Harris, analyste à Macquarie Bank. Les investisseurs devraient prendre en compte le risque lié à un tel projet, surtout si l'on considère l'histoire pleine de hauts et de bas [de WMC] et l'incertitude qui plane au-dessus de tels développements.» La perplexité des actionnaires australiens pourrait jouer en faveur de Xstrata. Le géant suisse pourrait même parvenir à convaincre les investisseurs d'accepter son offre publique d'achat sans avoir à augmenter sensiblement son offre. Le temps pourrait bien jouer en sa faveur.