Les dirigeants de Microsoft ont certainement très peu apprécié les propos tenus hier par Nick Collins, directeur du marketing Linux chez Hewlett-Packard (HP). Celui-ci a affirmé que le chiffre d'affaires du groupe lié au logiciel libre Linux avait dépassé les 2,5 milliards de dollars en 2003. A l'heure où la firme de Bill Gates tente par tous les moyens de contrer les logiciels libres, cette annonce montre que Linux continue de progresser sur le marché des serveurs, ces ordinateurs utilisés par les entreprises pour leurs réseaux.

Le principe des logiciels libres, tel Linux, est simple: il s'agit de programmes gratuits, dont le code source, accessible à chacun, peut être modifié à volonté. Tout l'inverse des logiciels classiques, dont ceux de Microsoft, impossibles à modifier selon ses besoins. Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à adopter Linux pour leurs serveurs. Au troisième trimestre 2003, selon la société d'études IDC, les ventes de serveurs sous Windows ont généré 3,1 milliards de dollars, celles sous Linux 610 millions, avec une progression de 42% pour Linux, contre seulement 27% pour Windows. Depuis plusieurs mois, Hewlett-Packard, mais aussi IBM, soutiennent ainsi massivement Linux en le proposant sur leurs serveurs. Selon une étude du cabinet Cambridge Technology Partners, 75% des

450 plus grandes entreprises et institutions de Suisse, dont Nestlé et Kudelski, utilisent déjà des modules de logiciels libres.

Initiative sino-japonaise

Microsoft tente de réagir. La firme de Bill Gates vient de lancer une campagne dans six magazines américains, vantant les avantages de Windows sur Linux. Les détracteurs du logiciel libre affirment que ses coûts sont supérieurs et soulignent les problèmes causés par le manque de support technique dédié. Fortement attaqué sur le marché des serveurs, Microsoft n'a pour l'heure que peu de soucis à se faire sur celui des PC domestiques, où Windows règne encore sans partage. Mais cela pourrait changer. La Chine et le Japon viennent de dévoiler le nom d'un futur système d'exploitation basé sur le noyau Linux, «Asianux», qui portera à terme un nouveau coup à Windows.