Comment Logico tente de récupérer des clients de SolvAxis

Informatique Le groupe biennois a engagé un ancien cadre de la PME de Sonceboz pour offrir de nouveaux services

Le microcosme romand des ERP (progiciel de gestion intégré en français) bouge. La reprise de SolvAxis et son logiciel ProConcept à Sonceboz par le groupe suédois Jeeves en avril dernier a fait des dégâts du point de vue de l’emploi – une quarantaine de licenciements dans le Jura bernois. Mais elle offre également des opportunités pour ses concurrents. «C’est vrai que, d’une part, nous avons développé une nouvelle société, DynaBusiness Services, afin d’offrir des conseils sur mesure aux entreprises et que d’autre part, si nous arrivons à convertir des anciens clients ProConcept, nous le ferons», explique Jean-Pierre Knuchel. Avec son frère, ce dernier a fondé la société Logico il y a plus de vingt ans à Bienne et propose la solution de Microsoft, Dynamics NAV, à ses clients, des PME actives dans le commerce, l’industrie et le secteur médical, notamment.

Au fil des ans, la PME seelandaise a établi des filiales à Crissier, Fribourg et Lucerne, a racheté une entité en Allemagne, à Hambourg et a ouvert une antenne à Budapest, en Hongrie, pour le développement et les tests. De plus, elle compte une filiale entièrement dédiée aux produits complémentaires à Microsoft Dynamics NAV, et notamment une solution destinée au monde du pétrole. Celle-ci connaît un succès international (voir encadré).

«Il faut remplir le frigo»

«En fait, le métier des ERP a tellement changé. Avant, nous devions offrir une maison clés en main, image le dirigeant en comparant les services de gestion informatique à la construction. Aujourd’hui, nous devons également accompagner le client, lui remplir le frigo, lui montrer pendant quelques semaines comment fonctionne la cuisinière, l’aider à monter ses meubles à l’entrée, etc.» D’où la création de cette nouvelle entité orientée sur les services, qui a été confiée à Stéphane Portenier, un ancien de SolvAxis. «Nous regardons actuellement si nous pouvons récupérer d’autres compétences à la suite de ces licenciements, car trouver des ressources en Suisse est extrêmement difficile, l’expertise nécessaire des collaborateurs devant être toujours plus poussée», poursuit Jean-Pierre Knuchel. Fort d’une centaine de collaborateurs et d’une vingtaine d’externes, son groupe DynaView a réalisé un chiffre d’affaires de 15 millions de francs l’an dernier. Cette année, la croissance devrait avoisiner les 20%.

«Avec un actionnariat familial, tout est réinvesti dans le développement de la société, précise le directeur général. Pour continuer à croître sur un petit marché comme la Suisse, d’ailleurs, vous devez vous diversifier et innover en offrant des services complémentaires.» Et pour l’étranger, les dirigeants du groupe ont compris que le recours à des revendeurs était plus intéressant.

Un nouveau défi s’annonce pour Jean-Pierre Knuchel (60 ans) et ses fils Pascal et Julien, appelés à reprendre l’entreprise: le SaaS, à savoir lorsque les logiciels sont installés sur des serveurs distants (dans le cloud), plutôt que sur la machine de l’utilisateur. «C’est encore peu demandé par nos clients, car c’est un peu cher, mais nous savons qu’un jour, ce passage se fera et nous devons nous y préparer, glisse le chef d’entreprise. Pour compenser ce manque à gagner (le prix des licences étant du coup moins élevé), nous devons proposer des services complémentaires et accompagner nos clients dans leurs demandes de plus en plus exigeantes.»