Les deux grandes banques suisses prépareraient une fusion, selon une information publiée lundi par le blog d’informations financières Inside Paradeplatz. Le projet, qu’aucun des deux établissements ne tient à commenter, s’appellerait Signal et serait porté par le président du conseil d’administration d’UBS, Axel Weber. Le conseiller fédéral chargé des Finances, Ueli Maurer, aurait été informé. Et McKinsey, proche des deux multinationales de la finance, serait le conseiller d’une transaction qui aurait pour objectif d’être conclue à la fin de l’année prochaine. Quelle est la logique d’une telle idée? Qui dominerait cette fusion? Quelles sont les probabilités de concrétisation du rapprochement? Quels sont les obstacles?

La logique de la fusion

Après la crise financière de 2008, les banques européennes en général, et en Suisse également, n’ont pas fondamentalement modifié leur modèle d’affaires. La réduction des risques au bilan, sous la pression des autorités, s’est traduite par un coup de frein dans les activités de banque d’investissement, gourmandes en capital. Des mesures d’économies ont été entreprises, mais il n’y a pas eu de remise en question de l’ampleur de celles qu’ont enregistrées les banques américaines. D’ailleurs, les deux groupes n’ont pas créé de la valeur pour leurs actionnaires. Les actions des deux titres ont déçu. UBS se traitait à 18 francs en septembre 2009 et seulement 11,3 francs lundi. L’action Credit Suisse, qui valait 53 francs il y a exactement onze ans, se languit à 10,1 francs actuellement. Les autres banques européennes n’ont d’ailleurs pas fait beaucoup mieux.