Décidément, les valeurs technologiques suisses désirent toutes devenir accessibles à un plus large public. Après Kudelski, (lire Le Temps du 19 avril), c'est autour de Logitech d'annoncer sa volonté de diviser en deux ses actions suisses et américaines. L'entreprise helvétique, dont le siège est en Californie, en fera la proposition lors de sa prochaine assemblée générale prévue le 29 juin prochain. «Ces titres sont à la mode. Il y a donc une forte demande et ils enregistrent de bons résultats, ce qui pousse ces entreprises à rendre plus liquides leurs actions», estime un analyste. Justement, le patron du groupe, Guerrino de Luca a déclaré que «c'est la meilleure année de toute l'histoire de Logitech» lors de sa prestation, jeudi, devant la presse. Le chiffre d'affaires de Logitech s'est élevé à 615,7 millions de dollars, soit environ 958 millions de francs (selon le cours de change du 31 mars), ce qui représente une hausse de 31%. Le résultat d'exploitation s'est inscrit, lui, à 41 millions de dollars, soit une augmentation de 83% et le bénéfice net s'est établi à 30 millions (plus 73%).

Logitech, qui selon ses estimations vendra sa 300 millionième souris en juin prochain, veut aujourd'hui se diversifier, même si ce dispositif de pointage, désormais entré dans les habitudes des consommateurs, représente tout de même la moitié de ses ventes. «Logitech est aujourd'hui bien plus qu'un simple fabricant de souris», assure Guerrino de Luca. La société veut axer sa stratégie sur les produits sans fil et le développement d'Internet. «D'ici deux à trois ans, les caméras représenteront la plus grosse composante de nos affaires», prédit Guerrino de Luca. Logitech affirme avoir déjà vendu 2 millions de caméras lors de l'année fiscale écoulée et devrait, selon ses estimations, en vendre 5 millions au cours de cet exercice.

Hausse des ventes prévue

En faisant l'acquisition, en septembre de l'an dernier, de la marque QuickCam à la société américaine Connectix pour quelque 25 millions de dollars, le groupe avait à l'époque fait une bonne affaire. Aujourd'hui, l'entreprise en détient encore environ 40% mais cherche à passer de nouveaux contrats avec des sociétés de capital-risque pour financer le développement de Spotlife. @Venture/CMGI et Atlas Venture sont les sociétés déjà associées à l'entreprise, issue d'un spin-off. «Les caméras vidéo sont déjà une activité très profitable», assure Guerrino de Luca. Le groupe table sur une hausse de 20 à 25% de ses ventes, sur une marge brute de 31 à 31% et un bénéfice opérationnel de 30 à 35% pour cette année.