informatique

«Logitech ne baisse pas ses marges en se focalisant sur la Chine»

En nette amélioration depuis deux trimestres, le fabricant de périphériques veut désormais attaquer plus fortement le marché chinois avec des appareils moins chers

Une «restructuration douloureuse» et surtout une année «à deux visages». Jeudi, Guerrino De Luca, président du conseil d’administration de Logitech, a présenté des résultats annuels (pour un exercice clos le 31 mars) en légère baisse, mais en fort rebond sur les six derniers mois. A nouveau en forte croissance, le fabricant de périphériques veut insister sur le marché chinois. «Ce pays ne figure même pas dans nos dix premiers marchés, a souligné Gerald Quindlen, le directeur. D’ici quelques années, il doit figurer dans notre Top 3, via une présence beaucoup plus forte dans les petites villes et des produits adaptés au marché local.» Et ce sans toucher aux marges, assure Guerrino De Luca. Interview.

Le Temps: Quelle stratégie adopterez-vous en Chine? Guerrino De Luca: Nous lancerons des produits moins chers, mais nous ne serons jamais les moins chers, comme c’est notre habitude ailleurs. Il y a de la place pour entrer sur ces segments, et peut-être lancer ces produits ailleurs, comme en Europe de l’Est. Mais Logitech ne baisse pas ses marges en se focalisant sur la Chine.

– Comment est-ce possible?

– Un exemple: les souris avec fil vendues 20 ou 30 dollars sont aujourd’hui les produits avec l’une des plus fortes marges, en proportion du prix. Ce ne sont pas les appareils les plus chers qui ont la marge la plus importante.

– Logitech donne ainsi l’impression de se focaliser sur le bas de gamme…

– Non. Certes, nous avons lancé des télécommandes multifonctions Harmony à 30-40 dollars, soit presque le prix d’une télécommande normale… Mais certains modèles Harmony coûtent plusieurs centaines de dollars. Nous nous adaptons au marché: l’explosion des netbooks (ordinateurs portables bas de gamme, ndlr) a provoqué une très forte croissance des ventes des souris toutes simples. Nous devons être sur ce marché.

– Lors du dernier trimestre, les ventes de détail ont crû de 54% dans les Amériques, mais de seulement 15% en Europe et 10% en Asie. Comment expliquez-vous ces différences?

– L’Europe a au début mieux résisté que les Etats-Unis, avant d’être touchée à son tour par la crise. Aujourd’hui, la réaction des consommateurs américains nous surprend. Mais je ne suis pas inquiet pour l’Europe, la croissance va augmenter. Et je ne pense pas que les crises que traverse la Grèce et le Portugal vont nous affecter. Ce sont pour nous de petits marchés où la crise existait déjà depuis un moment. Concernant l’Asie, nos plus grands marchés sont le Japon et l’Australie. Et leur dynamique est tout autre que celle qui prévaut en Chine.

– Récemment, des rumeurs vous voyaient collaborer avec Google pour un service de télévision. Et ce jeudi, le directeur de Logitech évoque Android, le système de Google… Qu’en est-il?

– Disons qu’il y a des opportunités… mais je ne peux rien vous dire de plus.

– Espérez-vous créer des périphériques autour de l’iPad d’Apple?

– Des consommateurs ont réussi à y connecter, via Bluetooth, un de nos claviers. Nous discutons avec Apple. Mais créer un partenariat stratégique avec eux n’est pas facile.

– Logitech donne l’impression de faire évoluer ses produits sans innover de façon majeure. Qu’en pensez-vous?

– Nous ne sommes pas comme Apple qui lance de façon choc un produit majeur… Nous élargissons et faisons évoluer notre portefeuille.

Publicité