- Chacun doit se situer par rapport au développement durable. Quels sont vos projets en la matière?

- Le développement durable en soi ne peut être un secteur économique car il est difficile à délimiter. Il va du traitement de l'eau à la production d'énergie photovoltaïque. L'aspect statistique est inexistant. Nous traitons ce thème à travers différents projets, tel que «Mars», qui évalue les régions alpines sous l'angle du développement durable. Le thème est omniprésent: Ce matin, à l'université, j'ai traité l'aspect durable des finances publiques. Et dans le cadre de Metrobasel, l'une des cinq visions concerne la durabilité de la métropole sous l'angle des transports et de l'énergie.

- Est-ce que la Suisse devrait soutenir ce secteur?

-La Suisse compte bien des entreprises dans ce domaine. La question est de savoir si nous devons laisser le marché se développer de lui-même. L'industrie offrira alors des solutions parce que ces investissements sont rentables. L'autre possibilité, c'est l'intervention de l'Etat par des subventions. Pour moi - et l'économiste libéral prend ici le dessus -, l'Etat ne doit pas encourager une branche.

Je préférerais des prix de l'énergie élevés en raison des externalités négatives de la consommation d'énergie. Pour les internaliser, les prix de l'énergie devraient être supérieurs. L'investissement dans le solaire serait plus rentable. C'est plus intelligent que de subventionner un secteur.

- Est-ce que les investissements directs en Suisse et les reprises d'entreprises ont un effet sur la conjoncture?

- Si un oligarque reprend un groupe suisse, l'effet conjoncturel est nul. Si une entreprise américaine, comme cela aurait pu être le cas à Galmiz, investit en Suisse, l'effet est réel. C'est la différence entre l'investissement financier et réel.

- Un durcissement de la loi sur les bourses pourrait-il avoir un effet réel?

- Si elle créait de la transparence, l'effet serait positif. Mais si elle devait empêcher le rachat d'entreprises suisses, ce serait négatif.