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Les start-up numériques ont attiré ces six dernières années près de 3,9 milliards de dollars d’investissements (hors Uber, qui représente à lui seul 5,5 milliards). 
© Wong Maye-E

Rapport

L’OIT appelle à réguler la jungle des emplois numériques

L’agence onusienne dénonce les écueils propres aux formes d’activités professionnelles atypiques, comme le travail temporaire ou à temps partiel. Mais aussi l’«uberisation» de l’économie, dont la croissance exponentielle peut être mieux encadrée

Les nouvelles formes d’emploi, qui ont vu le jour avec la montée en puissance du numérique, signent-elles l’arrêt de mort du droit du travail? C’est l’une de craintes inspirées du rapport publié ce lundi par l’Organisation internationale du travail (OIT), concernant les formes atypiques d’emplois. A savoir, le travail temporaire (jusqu’à 30% de décote salariale par rapport à un contrat classique) ou à temps partiel, les contrats à durée déterminée ou saisonniers, le travail sur appel ou déguisé, les faux travailleurs indépendants, la sous-traitance, etc.

Lire aussi: L’OIT veut empoigner la 4e révolution industrielle

Font aussi partie de cette nébuleuse non standardisée, répondant à des caractéristiques communes: le «crowdwork» – littéralement «travail de foule» –, initié par le marchand en ligne Amazon et son site «Mechanical Turk», qui distribue des tâches professionnelles répétitives et faiblement rémunérées à une multitude d’individus, plus ou moins anonymes. Ou encore l’économie des petits boulots («gig economy») et autres modèles collaboratifs «à la demande» (Uber, Airbnb, etc.) dont la croissance imprégnée d'applications mobiles a connu un bond de 316% en termes de financements, rien qu’en 2014.

Diversification professionnelle galopante

Pour l’heure, les travailleurs atypiques adossés à des applications mobiles représentent une «faible portion de la main-d’œuvre américaine et britannique», estime l’OIT. Soit environ 600 000 personnes outre-Atlantique (0,4% de la population active) et 3% des travailleurs au Royaume-Uni. Mais les projections tablent, à l’horizon 2020, sur 40% d’indépendants aux Etats-Unis pouvant tomber dans cette catégorie potentiellement précarisée (revenu irrégulier et insuffisant, absence de protection sociale et contre les risques professionnels, impossibilité de se syndiquer ou de négocier collectivement).

«Nous sommes en présence d’une zone grise où, contrairement à ce prétendent la plupart des entreprises – qui se qualifient d’intermédiaires –, le rapport entre employeur et travailleurs ne s’efface pas au profit d’une relation strictement commerciale, mais laisse au contraire place à une forme d’emploi déguisée», prévient Janine Berg, économiste à l’OIT et cheville ouvrière du rapport.

Marché de plateforme déjà dompté

Les progrès technologiques rendent désuètes les règles traditionnelles du monde de l’emploi. L’OIT préconise – à défaut d’inventer un nouveau cadre législatif – de «colmater les brèches réglementaires» existantes afin d’assurer au minimum «l’égalité des chances» entre les différents travailleurs, pour que ceux de la nouvelle économie sortent de l’anticonformisme et puissent prétendre à une activité traditionnelle, mieux reconnue et souvent indemnisée de façon plus décente.

«Ces travailleurs – la plupart issus du chômage – sont encore régulièrement considérés comme des contractants indépendants, même s’ils ne sont rattachés qu’à une seule plateforme ou application, à travers laquelle ils n’exercent pas de contrôle et dont ils tirent l’essentiel de leurs revenus», précise Janine Berg. Et cette dernière de conclure: «Il est faux de croire qu’il s’agit là d’un marché sauvage et non réglementé. Nous sommes, en réalité, en présence d’un environnement domestiqué, censé répondre à des normes légales propres aux plateformes en ligne, mais qu’il faut encore faire respecter», conclut Janine Berg.

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