Bénéfice en hausse de 30% pour Lombard Odier l’an dernier, à 270 millions de francs. La banque privée genevoise a augmenté sa masse sous gestion de 13% ou 42 milliards, à 358 milliards. La hausse des marchés, très marquée l’an dernier, a contribué à hauteur de 27 milliards de francs à cette évolution. Totalisant 15 milliards, les apports nets de capitaux ont été positifs dans l’asset management et la gestion privée, principalement en provenance de la Suisse, de l’Europe et de certains nouveaux marchés du Moyen-Orient, selon Patrick Odier, l’associé-gérant senior de la banque.

Dans le détail, la gestion de fortune représentait, fin 2021, 213 milliards de francs (contre 187 milliards fin 2020); la gestion d’actifs 70 milliards (62 fin 2020) et l’activité de services technologiques 75 milliards (67 fin 2020). Ce dernier chiffre correspond aux sommes déposées chez Lombard Odier par certaines des dix banques qui utilisent sa plateforme informatique.

Comparaison avec une très bonne année 2020

Les revenus opérationnels ont progressé de 3% l’an dernier, à 1,45 milliard de francs. Une hausse du chiffre d’affaires inférieure à celle publiée par des concurrents plus grands en taille comme Julius Baer (+8%) ou Pictet (+13%). L’explication tient à un effet de base, selon Patrick Odier: «L’année 2020 avait déjà été très positive pour Lombard Odier, avec une hausse des revenus opérationnels de 15% et de 19% pour le bénéfice net. Nous sommes très heureux de cette progression de 3% et de celle de 30% de notre bénéfice net en 2021.»

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Les coûts ont eux aussi augmenté d’environ 3%, sous l’effet d’investissements dans la technologie, dans la recherche en matière de finance durable et dans des recrutements, selon la banque. L’effectif de Lombard Odier a augmenté de 106 postes l’an dernier, à 2654. Deux tiers des engagements se sont faits en Suisse, où le groupe compte 69% de ses collaborateurs.

Le bénéfice opérationnel a grimpé de 6%, sans événements extraordinaires, tandis que le ratio charges/revenus est resté stable à 74%. Le rendement des fonds propres s’est élevé à 18,8% contre 15,4% en 2020, «et ce, sur la base d’un ratio de fonds propres très élevé, à 28,5% », précise Hubert Keller, l’associé chargé de l’asset management, qui deviendra associé senior début 2023.

Pas seulement un problème suisse

Interrogé sur les récentes révélations visant Credit Suisse, Patrick Odier note que «la problématique du contrôle de l’origine des fonds déposés dans des banques concerne l’ensemble de l’industrie, pas seulement la Suisse, et que des moyens considérables ont été développés pour assurer ce contrôle».