Lombard Odier a franchi le cap des 300 milliards sous gestion en 2020, après avoir fini 2019 à 299 milliards. Les afflux nets de capitaux ont atteint 12 milliards l’an dernier, soit 4% des avoirs, dans la fourchette de 3 à 5% visée par la banque. Les marchés ont eu un effet positif de 5 milliards, si bien que la masse sous gestion s’élevait à 316 milliards de francs fin 2020 (+6%), selon un communiqué diffusé jeudi.

Le «net new money» a été positif dans la gestion privée, qui représente 187 milliards d’avoirs, et dans la gestion institutionnelle (62 milliards d’actifs). Le lancement d’une douzaine de nouvelles stratégies, notamment dans la gestion durable, a également soutenu les entrées de capitaux, précise au Temps Patrick Odier, l’associé senior du groupe bancaire.

Investissements dans l’informatique

La troisième activité de Lombard Odier, les services informatiques, est pour sa part liée à 67 milliards de francs d’avoirs. Le groupe genevois accueille dix établissements sur sa plateforme informatique, depuis que le groupe Syz l’a rejointe en 2019. «Des négociations sont en cours avec d’autres partenaires mais nous avions décidé en 2019 de faire une pause dans l’intégration de nouveaux établissements, pour définir la stratégie d’investissement nécessaire afin de disposer de la plateforme technologique la plus performante sur le long terme», observe Patrick Odier.

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La banque prévoit de moderniser cette infrastructure, en repensant son architecture de base et en adoptant de nouvelles technologies. Ce projet constitue le deuxième investissement le plus important de l’histoire du groupe fondé en 1796, après la construction de son nouveau siège dans la commune genevoise de Bellevue, qui devrait être inauguré en 2023. L’acquisition de la parcelle qui accueillera le futur bâtiment avait coûté 49 millions.

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Notre interlocuteur évite de donner un chiffre pour les investissements consentis dans l’informatique, si ce n’est que ce cycle devrait durer 5 à 7 ans. Dans une interview au magazine Sphere en septembre 2020, l’associé chargé de ce métier, Alexandre Zeller, rappelait que l’objectif à long terme de l’activité de services informatiques était de générer des revenus représentant environ un tiers du budget informatique de Lombard Odier, qui employait 2560 personnes dans 24 juridictions fin 2020.

Revenus opérationnels +15%

Côté revenus, le chiffre d’affaires opérationnel a progressé de 15% l’an dernier, à 1,405 milliard de francs. Deux éléments principaux expliquent cette évolution, selon Patrick Odier: «D’une part le niveau élevé des actifs début 2020, qui sert de base de calcul pour les commissions de gestion, et d’autre part la hausse marquée des transactions au premier semestre, afin de rééquilibrer les portefeuilles.» Le bénéfice net s’est établi à 208 millions de francs, en hausse de 19%. Le ratio coûts/revenus s’est établi à 74%, en amélioration par rapport aux 79% de 2019. Le rendement des fonds propres s’est établi à 15,4%, contre 14,1% en 2019.