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«Notre activité de technologie bancaire a connu une nette accélération l’an dernier», explique Patrick Odier, l’associé senior de Lombard Odier, qui présente ses résultats 2016.
© © Denis Balibouse / Reuters

Résultats

Lombard Odier devient de plus en plus technologique

La banque genevoise gère 233 milliards de francs (+4%), après avoir attiré 5,2 milliards de nouveaux avoirs en 2016, principalement dans son activité de services technologiques. Son bénéfice net de 124,5 millions est en recul par rapport à 2015, une année marquée par d’importants revenus extraordinaires

Lombard Odier a enregistré des apports nets de 5,2 milliards de francs en 2016. Soit près de deux fois le «net new money» de 2015 et beaucoup plus qu’en 2014, année marquée par une sortie nette de capitaux de 2,5 milliards de francs. La progression des marchés et des devises a elle aussi eu un effet positif de l’ordre de 5 milliards, la masse sous gestion de la banque genevoise a donc progressé de près de 10 milliards ou 4% l’an dernier, pour atteindre 233 milliards de francs. La majeure partie des nouveaux actifs a été attirée par l’activité de services informatiques, l’un des trois métiers du groupe bancaire.

«Notre activité de technologie bancaire a connu une nette accélération l’an dernier: les nouveaux clients ont transféré davantage d’actifs vers notre plateforme technologique», explique Patrick Odier, l’associé-gérant senior de Lombard Odier. La plateforme technologique de Lombard Odier fournit des services à près de 300 milliards de francs d’actifs, dont 69 milliards ont été confiés au groupe genevois (+10 milliards sur un an).

Aidés par la vague de restructuration

Les perspectives de ce métier sont très positives, selon Patrick Odier: «Dans la période de restructuration que traverse l’industrie bancaire, de nombreuses institutions souhaitent réduire leurs coûts, notamment en utilisant des plateformes technologiques». Environ 80 collaborateurs ont été recrutés dans cette ligne de métier en 2016, pour un investissement total de 45 millions en 2016.

L’an dernier, la collecte nette a également été positive dans la gestion de fortune privée, où les actifs totaux de la clientèle ont progressé de 3 milliards, à 119 milliards. La conséquence des recrutements de gérants effectués ces dernières années, poursuit l’associé senior. Ce métier connaît un fort développement en Asie, où la banque a signé des contrats avec des établissements en Corée du Sud, au Japon, aux Philippines ou en Thaïlande, précise l’associé Hugo Bänziger.

Deux milliards sortis dans la gestion d’actifs

Une sortie nette d’actifs de l’ordre de deux milliards de francs a en revanche été enregistrée dans la gestion d’actifs l’an dernier. Pour deux raisons, expliquent les associés. D’une part, certains grands clients ont modifié leur allocation d’actifs, «et sont sortis de certains fonds du marché monétaire mais ne sont pas encore entrés dans d’autres types de stratégies et de classes d’actifs».

D’autre part, la réglementation européenne en matière de gestion fiduciaire impose dorénavant une séparation entre les activités de dépositaire et de gestion. Lombard Odier explique avoir renoncé à certains contrats de dépositaires afin de conserver des contrats de gestion aux Pays-Bas.

La qualité des nouveaux actifs

Au-delà du chiffre de 5,2 milliards de francs supplémentaires, la question des apports nets de fonds est surtout intéressante pour ce que l’industrie bancaire appelle la «qualité» des actifs enregistrés, c’est-à-dire leur rentabilité. Or les services informatiques sont moins rémunérateurs que la gestion d’actifs et la gestion de fortune privée. La banque ne communique pas la part des revenus ou des profits générée par chacune de ses trois activités.

Mais le développement de l’activité informatique apporte aussi un avantage indirect à Lombard Odier, nuance Hugo Bänziger: «Les revenus issus de notre plateforme couvrent un tiers de nos coûts technologiques globaux, ce qui soutient la rentabilité de la banque.»

Bénéfice net en hausse par rapport à 2014

Enfin, l’activité décrite comme «morose» de la clientèle gérée explique la baisse de 3% des revenus opérationnels de Lombard Odier l’an dernier, à 1,04 milliard de francs. Ce recul des revenus, confronté aux investissements effectués l’an dernier, se traduit par la légère dégradation du ratio charges/revenus, à 83% (contre 80% en 2015).

A 124,5 millions de francs, le bénéfice net est en recul de 13% sur un an. Mais la comparaison est faussée car le bénéfice 2015 avait été gonflé par la cession de participations non stratégiques. Sans ces événements extraordinaires, il aurait atteint 120 millions, soit son niveau de 2014. Le groupe Lombard Odier employait 2300 collaborateurs fin 2016, dont 1650 en Suisse.

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