Parmi les mouvements de personnel qui agitent la place financière genevoise, certains attirent plus que d'autres l'attention. Lombard Odier & Cie a annoncé mercredi l'arrivée en son sein de deux fortes personnalités du monde bancaire. Serge Ledermann et Maxime Morand rejoindront la banque dans le courant de l'été. Tout deux ont déjà annoncé leur départ de l'Union Bancaire Privée (UBP, lire nos articles du 17 février et du 9 mars). Ils s'apprêtent à prendre des postes de premier plan au sein de la seconde plus grande banque privée genevoise. «Ces mouvements montrent que nous sommes capables de faire évoluer notre organisation», souligne Patrick Odier, associé gérant de Lombard Odier & Cie.

Serge Ledermann coiffera le département Asset management and research (gestion et recherche). Il remplacera à ce poste Serge Robin, un collaborateur de longue date de Lombard Odier & Cie, qui a souhaité «réorienter sa carrière». «Serge Ledermann reprend une unité qui se trouve au cœur de la banque, souligne Philippe Sarasin, associé gérant de Lombard Odier & Cie. Cette activité est devenue globale avec des équipes réparties dans le monde entier. Nous avions donc besoin de compétences directoriales de très haut niveau.» Serge Ledermann avait quitté Lombard Odier & Cie en 1995 pour rejoindre les rangs de l'UBP et créer à partir de rien, avec son compère André Gigon, l'une des plus belles affaires de gestion institutionnelle de la place, UBP Gestion Institutionnelle. Il laisse derrière lui une entité qui gère 6 milliards d'actifs. Le nouvel arrivant deviendra-t-il à terme le huitième associé de Lombard Odier & Cie? «Il nous revient pour un challenge bien compris de part et d'autre, répond Patrick Odier. Quand on rejoint un tel groupe à un tel niveau de responsabilités, on devient une personne clé pour l'organisation tout entière. Quant à une nomination au collège des associés, elle se fonde sur des circonstances, des compétences et un moment particuliers.» Le principal intéressé ne souhaite pas s'exprimer sur la question.

Serge Ledermann rejoint le plus haut niveau de Lombard Odier & Cie (LOC) au moment où le monde bancaire se trouve confronté à de nouveaux défis. «Les métiers ont beaucoup évolué, estime-t-il. Nous avons connu le fort développement des produits, la transformation du monde institutionnel suisse et étranger alors que la concurrence a augmenté entre établissements.»

Politique éclairée des ressources humaines

Pour ce dernier, par ailleurs président de l'Association suisse des analystes financiers et gestionnaires de fortune (ASAG), la place financière suisse doit privilégier une vision à long terme et se préparer aux évolutions du marché, notamment en ce qui concerne l'avenir du secret bancaire: «Nous devons repenser la manière dont nous faisons ce métier. Il faut développer des visions originales pour rester des acteurs compétitifs qui ne se basent pas uniquement sur le cadre législatif suisse.»

Un autre défi pour les banques de la place consiste à répondre à la croissance du marché par une politique éclairée des ressources humaines. LOC a vu ses effectifs grossir de 40% en deux ans pour atteindre 1400 collaborateurs. «Maxime Morand fait partie des acteurs à Genève qui réfléchissent à l'avenir de nos professions, note Patrick Odier. Il devra prévoir nos besoins en compétences, définir nos métiers et harmoniser l'offre et la demande sur un marché du travail tendu.» Maxime Morand remplace José Sierdo, qui s'occupera du développement de la clientèle privée suisse de la banque. Enfin, Bernard Droux, devenu CEO et associé de la banque suite au départ d'Anton Affentranger, remettra dans les prochains mois le poste de directeur de «Trading and sales-merchant banking», qu'il avait conservé ad intérim.